Alors qu'elle est enceinte de cinq mois, une musicienne apprend qu'elle a un cancer du sein très agressif qui doit être traité d'urgence. Au départ, il est même envisagé, d'après les premiers médecins, qu'elle doit avorter parce que son enfant pourrait subir des malformations dues à la chimiothérapie. Mais elle ne l'entend pas de cette oreille et avec l'aide de son compagnon, ils vont trouver d'autres professionnels de la santé qui peuvent à la fois la soigner ET lui permettre d'accoucher dans quelques semaines.


Comme tout film qui parle du cancer, j'avoue avoir des difficultés à les voir sans que ça me rappelle des souvenirs personnels, de terribles moments vus et vécus à cause de cette saloperie, des proches qui dépérissaient à vue d'oeil, pour le meilleur ou le pire. Alors documentariste, Solveig Anspach réalise ici sa première fiction, clairement inspirée de sa propre vie, et elle a eu la très bonne idée de donner à Karin Viard ce qui est peut-être son meilleur rôle, car loin de la femme à grande gueule qu'elle joue un peu (trop), elle est ici totalement neutralisée par la maladie, ce qui donne lieu à des moments très touchants. Toujours crédibles, même si le traitement contre la maladie évolue depuis 1999, mais même si on ne sait pas le passé de la réalisatrice, on sent quand même que tout est documenté. Mais pas seulement les scènes de maladie entre guillemets, il y a aussi le rapport avec les proches (dont Laurent Lucas qui incarne un compagnon exemplaire alors que d'autres plus lâches auraient pu quitter le navire), mais la vie qui continue, avec ce frère qui trouve du travail en Islande (clin d'oeil au pays d'origine de Solveig Anspach), et la vie qui grandit en elle.


Alors bien sûr, quand on voit Haut les cœurs, on ne peut que repenser à des amies qui ont été frappées par ce mal terrible, avec des formes parfois très agressives, mais la réalisatrice a signé le très beau portrait d'une femme courage, une battante qui ne rêve que voir grandir son bébé alors que pour elle, c'est le combat d'une vie. Le tout filmé de manière modeste, sans vulgarité, mais sans pathos sur la dureté de la maladie.

Boubakar
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le 19 janv. 2023

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