Encore un slasher bourrin à base de tueur masqué tourmenté, d’ultra-violence crue à la limite du supportable et de politiquement incorrect.
Mais alors, qu’est ce qui pourrait bien le différencier de la pléthore de pellicules analogues qui sortent ces derniers temps, et susciter l’intérêt du spectateur, averti bien sûr, à jeter un œil à ce brûlot infâme de cruauté ?
Ce n’est pas l’originalité de son scénario en tout cas, puisque dans HEADLESS, celui-ci tient sur un post-it. Nous suivons un tueur en série masqué, torturé par un trauma d’enfance lié à sa mère, qui se transforme en vengeance contre le sexe féminin, dans une épopée sanglante à la recherche de victimes pour expier son traumatisme.
Rien de bien nouveau, surtout qu’au niveau de l’intrigue et du développement des personnages, c’est le néant total. Le film n’apporte aucune réflexion, ni aucune chute ou relief à la psyché de son tueur.
C’est un enchaînement de violence gratuite, frontale et déviante, le but recherché est d’abord de bousculer le spectateur par ce côté viscéralement dérangeant, et aussi de faire dans la démonstration de sévices, pour séduire les amateurs de splatter movie.
Vous aimez le cinéma underground violent, riche en hectolitres de sang et à la lisière de l’immoralité, limite du snuff movie ? Voilà qui devrait piquer votre curiosité.
Au programme, des décapitations, des démembrements, de la nécrophilie/nécrophagie, et même des énucléations à la petite cuillère, ouais, ça va plutôt loin, je vous avais prévenu, c'est pour un public averti.
La scène introductive donne en seulement quelques plans, le ton général du film, méchanceté gratuite borderline à en faire pâlir plus d’une féministe, mais pas de souci de ce côté là, la gente masculine fini par prendre cher elle aussi.
Là où HEADLESS apporte un peu de fraîcheur, c’est dans son esthétisme. L’image granuleuse, les costumes et les décors d’époque nous ramènent dans les années 70, là où le cinéma était libre et expérimentait beaucoup, c’est d’ailleurs ma décennie préférée pour le cinoche, tout genre de film confondu. Un film d’époque donc, mais tourné au XXIe siècle.
De la fausse bande-annonce de nanar avec un loup-garou, au générique typé seventies, on peut d’ailleurs voir le copyright daté de 1978 sous le titre du film.
On est clairement dans un hommage assumé aux série B horrifiques subversives et follement inventives de cette décennie.
Mais pas que... HEADLESS se la joue aussi "video nasty", avec cette mise en scène très amateure tout droit sortie d’un snuff movie fictif.
Vous l’aurez donc compris, l’intérêt premier de HEALDESS, seul film de son réalisateur jusqu'à maintenant, est de divertir par des scènes choquantes, gore et de carresser la nostalgie de l’amateur de ciné underground dans le sens du poil, même si l’on reste quand même plus sages que certains films présentés dans des festoches du type Sadique-Master (petit clin d’oeil).
Nous avons affaire à un mélange de LAID TO REST, pour la brutalité de l’antagoniste et la quantité d’hémoglobine versée, et à un film gore amateur fauché.
Le contenu très pauvre du film pourra en rebuter plus d’un, surtout qu'à l’inverse d'un TERRIFIER par exemple, le tueur n’est absolument pas charismatique.
Uniquement pour ceux qui ont l’estomac accroché, HEADLESS, est une succession d’une heure et demie, de scènes de charcutage, qui bien qu'elles peinent à créer le malaise en raison de leur gratuité et du manque d’empathie pour les personnages, restent relativement inventives et graphiquement très réussies.
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