Aujourd’hui, grosse soirée glandouille à la maison. J’en ai profité pour regarder deux films d’anticipation autour d’un même thème : l’intelligence artificielle.

Le premier, Chien 51, est un film français sur lequel je n’ai pas trop envie de m’appesantir.

Après le repas, j’ai enchaîné avec Her, et là… tout l’inverse. Ce film est passionnant, car il fait le choix du contre-pied et propose un autre regard que celui, un peu caricatural, que l’on a de l’IA dans la plupart des films d’anticipation.


Le pitch :

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, peine à se remettre d’une rupture. Il fait l’acquisition d’un système d’exploitation ultramoderne, capable d’évoluer et de s’adapter à son utilisateur. Il y rencontre “Samantha”, une voix intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Peu à peu, leurs échanges deviennent une relation… puis un amour.


Ce qui frappe, c’est que le film date de… 2013 ! Soit bien avant l’essor des IA conversationnelles comme ChatGPT. Le revoir aujourd’hui est presque troublant tant il semble avoir anticipé avec justesse certaines évolutions.

Mais surtout, le film évite la facilité. Avec un sujet comme celui-là, il aurait facilement pu sombrer dans une critique convenue — dénonçant une illusion sentimentale ou un produit commercial déshumanisant. Au lieu de ça, Her prend cette relation au sérieux, et c’est précisément ce choix qui le rend si marquant.


Et puis il y a Joaquin Phoenix, absolument remarquable, qui porte le film de bout en bout. Là encore, je pense que beaucoup de réalisateurs auraient opté pour un personnage paumé, à la limite du cas social. Spike Jonze fait le choix inverse : Joaquin Phoenix incarne un personnage intelligent, fin, sensible, parfaitement intégré et entouré. Cela rend le film encore plus juste et permet de mieux comprendre ce qui s’est produit, dix ans plus tard, dans la vraie vie, avec l’émergence d’IA devenues, pour beaucoup de personnes, “leur meilleur ami”.

Le cinéma américain produit certes beaucoup de choses formatées, et il est parfois dépassé — notamment par le cinéma asiatique sur le plan de l’inventivité scénaristique — mais il lui arrive encore de créer ce genre de moments rares, presque magiques.

Chapeau.

Hervé_Bertsch
8
Écrit par

Créée

le 3 mai 2026

Critique lue 6 fois

Hervé Bertsch

Écrit par

Critique lue 6 fois

D'autres avis sur Her

Her

Her

9

Strangelove

144 critiques

Siri's paradox.

Looking at the World.Je ne sais pas. Je ne sais pas si c'est moi ou un vrai tour de force, mais ce film m'a ému aux larmes. J'ai ris, j'ai pleuré, je me suis émerveillé devant une telle justesse et...

le 15 févr. 2023

Her

Her

5

Fraeez

42 critiques

New Hipster App Available On Google Play Store!

J’ai un problème, je suis quasi-intolérant au sentimentalisme exagéré. La volonté de vouloir me faire éprouver des émotions en exacerbant toutes les passions produit chez moi une nausée due à un...

le 27 mars 2014

Her

Her

8

EvyNadler

349 critiques

Mauvaise foi

Bon déjà je tiens à préciser que je voulais mettre 5 dès le début. Avant même la première minute. Enfin dès le début quoi du coup. Oui je sais, c'est pas digne d'un critique, c'est pas digne d'un...

le 22 juil. 2014

Du même critique

Oh Mercy

Oh Mercy

7

Hervé_Bertsch

83 critiques

Critique de Oh Mercy par Hervé Bertsch

Dylan est mort à la fin de sa trilogie chrétienne. Si cette dernière est d’un intérêt artistique discutable, elle a au moins le mérite d’être sincère. Entre Slow Train et Shot Of Love le Zim croyait...

le 8 août 2023

industry plant

industry plant

5

Hervé_Bertsch

83 critiques

Critique de industry plant par Hervé Bertsch

J’écoute de ci et de là l’émission Midi de Culture sur Radio France, qui, de temps en temps, parle de sorties d’albums. Ce n’est pas tous les jours que les médias « sérieux » s’intéressent à la...

le 17 oct. 2025

L’Algue bleue

L’Algue bleue

6

Hervé_Bertsch

83 critiques

Critique de L’Algue bleue par Hervé Bertsch

Le nouveau disque de Manset, le rebelle qui passe sur toutes les grandes radios pour dire qu'on ne le reçoit nulle part alors qu'il est génial au point qu'il soit lui même abasourdi par le génie de...

le 8 mai 2024