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le 23 mai 2026
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Ça ne sert à rien de s'enerver : le film ne demande que ça. Il éprouve volontairement la patience du spectateur à force d'étirement de séquences absconces. Dans un monde de fantaisie sans...
Il arrive que la singularité d’un cinéaste soit à ce point poussée dans ses retranchements que l’édifice finisse par rompre. J’ai toujours aimé défendre Refn, qui est loin de faire l’unanimité dans l’artificialité croissante de ses expériences à partir d’Only God Forgives, et j’ai trouvé de l’intérêt à son exploration des séries, où il pouvait étirer à l’envi ses délires narratifs.
Après 10 ans de hiatus du côté du long métrage, Her Private Hell était censé fêter le grand retour du cinéaste, qui explique avoir été « cliniquement mort durant 25 minutes » et avoir durant cette expérience retrouvé le désir de faire des films pour défendre l’expérience collective. On peut comprendre le projet, tant l’expérience du visionnage de son dernier film nous incite à décéder.
Le cinéaste, toujours aussi modeste lorsqu’il parle de lui-même, tente de nous vendre un monde onirique, fondé sur les sensations, l’algorithme fondé sur nos désirs, et la surconsommation médiatique. Une tentative de surplomb aussi malhonnête que les pubs qui l’inspirent, et qui masque mal un projet où la laideur le dispute à l’absence d’inspiration.
Les personnages, réduits à la plastique du mannequinat, déclament des sentences creuses, le tout dans des maquettes passées à la laque brillante, surlignée par des néons bleus et roses, tandis que les limites d’un décor de convention SF en Basse Normandie sont maladroitement occultées par un brouillard à qui on va tenter de donner une valeur symbolique.
Tout semble ici fauché : le cast, la direction artistique, l’écriture, au point qu’on peut penser, histoire de sauver les meubles, que le cinéaste travaille une forme d’auto-parodie qui lui donnerait encore l’illusion d’un surplomb. Mais dans un monde où le carburant du clivage finit par noyer toute possibilité d’un véritable fond, Her Private Hell arrive sans doute au pire moment. Dénué de toute la substance vénéneuse qui irriguait encore ses derniers projets, entre humour noir et noirceur dilatoire, cette fable qui croit citer le giallo se limite à un clip promotionnel pour les parfums low cost : écœurants, mais dont les fragrances s’évaporent très vite.
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il y a 6 jours
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