Contre toute attente et malgré la quantité de personnes qui ont quittés la salle, moi j’ai pas trouvé ça aussi nul que ce à quoi je m’attendais.
En ce moment je regarde la série animée Spawn, adaptée du comics de Todd McFarlane par McFarlane lui-même. Vous me direz quel rapport ? Et bien étonnement j’ai vu pas mal de ce que j’imaginerais être une adaptation cinéma de Spawn dans ce « Her Private Hell » (le trailer, tout de même beaucoup plus rythmé là où la série se veut lancinante, pour vous faire une idée https://youtu.be/NEQlc9PM9pw?is=rxwwLVkjqRu38AVC). Il y a vraiment cette ambiance sombre particulière assez spécifique à la série, qui se déroule toujours dans des lieux étranges, pas étrange « bizarre » mais étrange dans le sens où l’on ne sait jamais vraiment où l’on est. Une ruelle sombre d’accord, un bureau, un commissariat, une autre ruelle, mais c’est toujours très abstrait, jamais vraiment identifié, des « lieux communs » comme s’ils étaient expliqué façon allégorie de la caverne (sorte de backrooms avant l’heure finalement).
Enfin bref, j’aime bien cette ambiance, cette étrangeté. Là ou pêche le film de Nicolas Winding Refn, c’est plutôt sur ses passages plus commun, les dialogues, l’appartement. Mais dès que l’on entre dans l’univers de l’esprit, ça prend beaucoup mieux. Bon ce n’est malheureusement pas le seul défaut, déjà je ne trouve pas le film spécialement « beau », oui y’a de la couleur, des contrastes, des background vides (Spawn *emoji yeux*), mais bon, sans dire que la mise en scène est foirée, elle n’est pas à la hauteur. Problème déjà présent dans les deux séries de Refn.
Et puis cet « enfer » (encore du Spawn tiens) de cristaux en plastiques là, que c’est laid.
On sent une sorte d’inspiration de Lynch, mais jamais Refn n’arrive à atteindre son ambiance, je pense qu’il manque justement d’un ancrage réel, à vouloir que tout soit étrange, ça devient la norme du film. Il y a pourtant cette fusion réussie du monde de l’esprit qui se mélange avec celui du réel (Spawn again), mais ce n’est jamais vraiment central, alors que c’est tout le point du film.
Tout est trop propre, autant l’image que l’action, la violence est propre, le sexe est propre (un personnage qui se vante d’aimer les choses degueu, pour finir par simplement baiser contre un mur… j’attends pas du BDSM explicite, mais au moins ressentir à quel point son esprit est perturbé), le sale est propre, on ressent beaucoup trop l’aspect studio et donc jamais on n’arrive à complètement s’immerger. C’est dommage car on touche du doigt quelque chose de fort. On a la lumière, le contraste, l’ambiance sonore et musicale, mais il manque la texture, il manque le touché et le ressenti du concret pour vraiment atteindre le sensoriel (et c’est d’autant plus dommage que Refn nous a parlé de son aversion pour l’IA avant le début du film, et s’il y a bien quelque chose qui nous distingue de l’IA, c’est la texture).
Et évidemment ce n’est pas aidé par ce scénario qui essaye à tout pris d’être profond, de raconter quelque chose alors qu’il ne sert à rien.
Dans cette performance désincarnée, froide, sans émotion, les acteurs et actrices sont perdus entre jeu et attentes, probablement incompréhensibles, d’un réalisateur qui a atteint le bout de son Art.
Un peu plus de texture et, paradoxalement, il faudrait un peu plus de vraie violence, de vrai sex, d’horrifique (comme dans, au hasard, Spawn…) de réel et là on aurait quelque chose de bon, là on sentirait l’impact.
J’attends avec impatience ce fameux Maniac Cop tant repoussé, mais finalement, je crois que je commence surtout à fantasmer une adaptation de Spawn « by NWR »…