Sans nouveau film depuis dix ans, Nicolas Winding Refn avait-il manqué au monde du cinéma ? Poser la question est déjà une indication de la réponse. Voyons plutôt le programme de Her Private Hell : de jolies jeunes femmes en abondance, dans des vêtements extravagants ; quelques beaux gosses aux mâchoires bien carrées, prêts pour d'éventuelles castagnes ; un hôtel dont le raffinement de la décoration intérieure ferait passer le Carlton pour un Formule 1. Quoi encore dans cet univers de luxe, glam et volupté ? Ah oui, une brume tenace qui semble annoncer une résurgence de la violence. Et le scénario dans tout cela ? Mais quel scénario ? NWR n'a peut-être pas eu le temps d'y penser et, après tout, une idée ou deux, aussi nébuleuses fussent-elles, pouvaient aisément remplacer un récit lequel, de toute manière, ne ferait pas le poids avec une stylisation extrême, tout le temps, et une musique tonitruante, parfois. Voilà, le résultat est sur l'écran, guère loin du pathétique, avec des interprètes qui ânonnent leurs tirades avec une lenteur étudiée, comme si le texte en valait la peine. Pour le titre de pire film de l'année 2026, Her Private Hell part déjà avec une bonne longueur d'avance sur ses concurrents. Désolé, mais on devrait pouvoir encore se passer de NWR pendant une bonne décennie.