Dès les premières secondes, nous sommes happés par l'esthétisme de "Her Private Hell". Nicolas Winding Refn pousse encore plus loin les obsessions esthétiques qui traversent sa filmographie depuis "Drive" : les gros plans maîtrisés, les plans larges silencieux, les zooms lents presque hypnotiques, jusqu’au bruit du cuir qui craquelle dans le silence. Chaque image semble conçue pour être contemplée. Les actrices, magnifiques, sont filmées comme des apparitions fantomatiques et envoûtantes. Refn filme chaque plan comme une œuvre d’art mouvante : néons rouges et bleus, architecture cyberpunk, fumées épaisses, jeux d’ombres permanents, musique électronique envoûtante… Tout est pensé pour créer une expérience sensorielle totale. Mais derrière cette expérience sensorielle fascinante se cache un scénario terriblement brouillon et étonnamment vide. Un film qu’on regarde comme une installation d’art contemporain plus que comme un véritable récit de cinéma.