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le 23 mai 2026
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Ça ne sert à rien de s'enerver : le film ne demande que ça. Il éprouve volontairement la patience du spectateur à force d'étirement de séquences absconces. Dans un monde de fantaisie sans...
Dans une cité urbaine embrumée où tout le monde passe son temps à craquer des allumettes sur des parties de son corps, une jeune actrice tente de renouer avec son père, la star Johnny Thunders, lors d'un tournage de film de science-fiction. Alors que ce dernier la délaisse pour qu'elle se réconcilie avec sa belle-mère quasiment du même âge qu'elle, un être venu des Enfers, "L'Homme de Cuir", assassine des jeunes filles à travers les rues. Et il a aussi un G.I., père d'une des victimes, à ses trousses.
Voilà.
Vous connaissez le syndrome de l'artiste qui, après une exposition de ses œuvres, est encensé par tous, jusqu'à être glorifié à outrance en génie intouchable et qui, des années plus tard, revient en pensant détenir une forme de vérité à transmettre avec sa spécificité artistique alors qu'il en livre en réalité la plus pure quintessence caricaturale ? Eh bien, c'est exactement le sentiment que laisse ce "Her Private Hell" vis-à-vis de Nicolas Winding Refn ! Et, bon sang, Dieu sait que l'on a adoré les longs-métrages du bonhomme ("Drive" reste pour nous un film à part), "The Neon Demon" avait certes déjà commencé sérieusement à nous mettre la puce à l'oreille sur l'approche "tout esthétique" dans lequel pouvait tomber le cinéaste pour masquer les faiblesses de ce qu'il avait à raconter mais rien ne nous avait préparé au stade de coquille plastique vide de chez vide atteint par "Her Prívate Hell".
Un plan d'ouverture sur un colosse de métal sortant de la brume au milieu des cimes des immeubles nous fait instantanément dire que Refn n'a rien perdu de sa verve formelle et c'est bien sûr le cas, ce "Her Prívate Hell" a pour lui de sublimes idées de mise en scène mais celles-ci en viennent rapidement, pour la plupart, à friser la parodie de son style artistique autour d'une intrigue fantastique famélique, jouant la carte d'un symbolisme de domination patriarcale rudimentaire, étalée inexplicablement sur une 1h50 interminable qui viendrait à bout de la durée de vie de n'importe quel néon fluo coloré en train d'éclairer nos neurones et emberlificotée de répliques abscondes (parce qu'il faut faire trèèès mystérieux en permanence dans cette réalité) déclamées par des personnages à la position toujours plus figée dans des décors de publicités luxueuses pour parfums.
Le casting n'est pas forcément en cause, il tente même de vivre dans cette vacuité de tous les instants mais jamais rien ne le met en valeur sur le terrain de l'émotion de cet enfer pseudo-giallesque sans âme, né d'une volonté de se réconcilier avec les salles de cinéma de la part de Nicolas Winding Refn après une expérience de mort clinique de plusieurs minutes. L'enfer d'ennui qu'il y a vu et qu'il nous transpose aujourd'hui dans un film où il faut se mordre les veines à violents coups de dents pour se tenir éveillé aurait juste dû rester "private", comme son titre l'indique. Les braves qui, comme nous, iront jusqu'à son terme, auront notre respect éternel.
Créée
le 25 sept. 2026
Critique lue 14 fois
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