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le 20 oct. 2018
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Dans la torpeur estivale, avec deux amis, nous avons tentés de regarder des films.
Regarder des films, c'est bien, surtout à plusieurs. Ça permet de resserrer les liens et de passer un bon moment ensemble. Mais, comme disaient les Sniper, poètes honteusement passés dans les sphères de l'oubli, il arrive parfois qu'on ne sache pas si on doit passer du rire aux larmes.
Vous savez, ce moment où des phrases qui blessent comme des coups d'shlasses dans un film de merde, film qu'on tente de faire oublier avec un ou deux s'barre bien gé-char car, parfois, il faut bien se soigner avec de la médecine douce.
En bref, on avait la plupart du temps vus des films de merde, et on était bien en peine de savoir quelle attitude adopter devant tant de médiocrité.
Mais c'est grâce à M la maline - qui m'avait conseillé ce film - que j'ai ressorti cet Hereditary de derrière les fagots en disant à mes ami.e.s : Je sais qu'c'est dur les ami.e.s mais ne baissez pas les armes. Ils pourront en témoigner.
Ce fut pour ma part l'une des plus grosses claques de l'année, voire la plus grosse. Film hyper stylisé (la séquence d'ouverture), Ari Aster réussit où beaucoup échouent dans les films d'horreur : installer des situations VRAIMENT ouf et qui mettent très mal à l'aise, le tout servi par une mise en scène très intelligente et jamais surabondante malgré lke stylisme évoqué plus haut, et le tout sans tomber dans les clichés vus, vus, rerererevus.
Non pas un malaise en mode on coud des trous de balles et on fait la danse des canards, mais plutôt de ceux qui partent de situations "simples", mais subtilement installées, dévoyées, jusqu'à l'horreur. Ce film n'est pas à proprement parler d'un film d'épouvante, du moins dans la version classique telle qu'elle peut être acceptée de nos jours.
S'il y a bien des moments véritablement effrayants il y a également des moments déprimants, tristes à crever et ce n'est pas par des effets un peu outranciers que pour ma part je déteste. A savoir les jumpscare et autres trucs de ce genre,ou encore un travail sonore qui rendrait presque pour bénit le temps où les êtres humains ressemblaient à des amibes et n'avaient donc pas de cochlée pour faire parvenir cette bouillie sonore jusqu'au cerveau.
En effet, toute la réussite du film de Aster passe par le fait qu'il s'agit de la mise en scène d'une "banale" histoire de famille, mais que les évènements qui se déroulent sont si perturbants qu'il n'y a d'autres choix pour le spectateurtrice que de se sentir en phase avec les personnages et leurs émotions. En bref, de s'identifier.
Je ne peux pas spoiler malheureusement (je trouve toujours ça dommage de pas pouvoir spoiler, c'est si bon), mais l'un des éléments déclencheur de toute l'histoire est absolument dinguissime et nous a arraché des "ouaaaaah" tellement la situation était extrême. Le reste du film, dont le rythme ne décroche pas une seule seconde, dont l'ambiance reste toujours aussi lugubre et sinistre, permet de déplier quelque chose qui se rapproche beaucoup plus d'un certain sous genre de l'horreur, tout en l'inscrivant dans cette histoire familiale. La fin, même si un peu chelou, reste une bonne fin, qui clôt cette formidable épopée dans une scène fiévreuse et démoniaque.
Créée
le 9 oct. 2019
Critique lue 1.4K fois
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