7
le 20 oct. 2018
SuivreHome cheat home
De temps à autre, je retente une incursion du côté du cinéma d’horreur, dans lequel je loupe sûrement pas mal de choses depuis des années ; et force est de constater que de cette pléthorique...
Hérédité plus que d'être un film d'horreur est, avant tous, ce que je qualifierais de "film à ambiance horrifique". Dans le sens où l'angoisse passe plus par l'ambiance pesante qui est installée, que par des éléments "violent" (j'englobe dans ce terme les jump scare et les screamers car il y a une forme d'impact violent sur le corps) souvent associés au genre.
Ce qui est intéressant, par rapport à la plupart des productions de ce style c'est que l'aspect horrifique passe par des procédés moins utilisés pour mettre en place une tension.
Les films d'horreur ont pour habitude d'exploiter le hors-champ pour correspondre à l'adage cinématographique "on a plus peur de ce qu'on ne voit pas plutôt que de ce qui nous est montré". Or, ici, le film utilise des cadres larges et une assez grande profondeur de champ pour montrer les menaces qui pèsent en arrière-plan. Ce qui fait qu'on n’est jamais pris en traitre. Mieux que ça, le film a le bon goût de prendre le temps de mettre sa menace dans le champ quand celle-ci s'apprête à occuper le 1er plan.
Elle est, par exemple, placée, une première fois, au second plan, cadré de telle sorte que le spectateur la remarque mais pas le personnage. Quelques plans après, on a un plan de face sur le personnage, qui remarque la menace, placée cette fois-ci hors-champs pour le spectateur mais qui comprend ce que le personnage regarde. On enchaîne ensuite par la présence de la menace au premier plan apparaissant dans un mouvement de caméra. Elle reste passive, immobile, sans bruit strident durant quelques secondes avant de réaliser une action dès que le spectateur a assimilé sa présence.
En plus d'être élégant et moins courant, c'est surtout paradoxalement très angoissant. Car en montrant clairement les menaces, les personnages paraissent plus vulnérables et les moments de hors-champs deviennent encore plus flippants, car on sait ce qui existe en dehors de la caméra.
Autre élément intéressant de réalisation, le film possède, des plans larges certes mais surtout des plans fixes. Ce qui fait que chaque plan plus rapproché et chaque mouvement de caméra deviennent angoissants, car on s'attend instinctivement à ce que ce soit pour nous faire sursauter en révélant un élément hors du champ, mais non. On flippe plus par connaissances des conventions.
Le film emploie d'autres procédés que ceux-ci et leurs utilisations variées, plus nos connaissances et nos attentes liées aux codes du genre sont par instant détourné et ça permet vraiment au film d'être pesant sans pour autant qu'il n'y ait de raison.
De même, sans spoiler, la source de l'horreur ne provient de ce que l'on imagine en début de film. Ne m'étant pas renseigné sur l'histoire au préalable, on peut dire qu'il y a eu quelque chose de disons... inattendu.
Les deux seuls bémols pour moi proviennent, de un, du fait que le film traine (à mon sens) trop en longueur. Et durant un moment, après avoir compris qu'énormément d'éléments avaient été placés par le scénario en mode Fusil de Tchekhov, ils ne seront pas exploités avant les 20 dernières minutes. Et quand on voit ces éléments dispatcher, dans l'attente de réponse qui tarde à venir, on a l'impression que l'intrigue progresse peu.
L'autre point noir pour moi, c'est la fin. Ça va devenir un running gag mais, une fois encore, j'ai pas compris. Ça utilise le trope de la secte et des entités mystiques, mais pour en faire quoi ? En fait à chaque fois dans ce genre de film je me dis, "mais si la secte est importante, montrez-la. Voyons leur psyché, leur folie, leur foie, leur conviction profonde. Ne la mettez pas juste en filigrane pour expliquer l'aspect fantastique". Je comprends bien qu'on n’insiste pas dessus pour avoir un aspect mystérieux, cryptique et une forme de menace qui agit dans l'ombre tout en planant sur le film et qui justifie l'aspect fantastique par des rituels mystiques. D'accord mais le fantastique peut provenir de plein d'autres raisons. Pourquoi on explore presque jamais l'horreur cosmique façon Lovecraft ? Ou pourquoi tout simplement ne pas forcément le justifier, comme le fait Junju Itõ ? Le fantastique c'est génial pour explorer des réactions humaines en les confrontant à ce qui nous dépasse et si l'histoire raconte quelque chose de fort et intéressant, sa provenance peut rester énigmatique (tout en instaurant des règles implicites pour ne pas outrepasser le pacte de la suspension consenti de l'incrédulité).
Et là, une fois encore, je vois quels sont les thématiques et enjeux du film mais la signification de la dimension sectaire m'échappe totalement et semble artificielle et pour le coup très conventionnelle voir clichés. J'ai l'impression que c'est assez spécifique aux films d'horreur américains, les dimensions sectaires et ritualistes. Attention, cependant elle ne sort pas de nul par non plus, sa présence est montrée par un symbole dans les 10 premières minutes du film et revient régulièrement. Mon reproche ne vient pas du fait que sa présence ne serait qu'un prétexte injustifié pour la fin mais plus que je n'en ai pas compris l'intérêt. Et comme à chaque fois ma question est "est-ce que si on l'avait enlevé, le récit aurait vraiment changé voir est-ce que les enjeux n'auraient pas été plus intéressant sans ?".
Bref au-delà de ces points, pour le coup vraiment subjectif, c'est un film avec une proposition intéressante que je recommande vraiment.
Installer du mystère c'est bien mais attendre trop longtemps pour commencer à les résoudre peut parfois mener à une lassitude. Surtout si comme moi, on garde ces éléments en tête durant tout le visionnage jusqu'à se demander si le film ne va pas les oublier. Et non, ils ne les oublient pas.
Créée
le 27 déc. 2025
Critique lue 8 fois
7
le 20 oct. 2018
SuivreDe temps à autre, je retente une incursion du côté du cinéma d’horreur, dans lequel je loupe sûrement pas mal de choses depuis des années ; et force est de constater que de cette pléthorique...
6
le 24 juin 2018
SuivreLe cinéma fantastique semble être devenu depuis quelques années le terrain d'expérimentation de jeunes metteurs en scène ambitieux, qui aspirent à conjuguer une vraie intelligence de la mise en scène...
7
le 22 juin 2018
SuivreAujourd'hui nous nous rendons dans une ville américaine, une petite ville sans histoire qui abrite une famille pas comme les autres. En effet, le père de famille vit un enfer dans ce qu'il appelle...
4
le 27 déc. 2025
SuivreLa longueur du film se fait véritablement ressentir et on sent que les thématiques et enjeux très artificiels sont là pour portée la durée du long-métrage aux alentours des 1h30.Les personnages ont...
6
le 27 déc. 2025
SuivreThe Killer c'est un bon film, cependant je pense qu'il est assez difficile à recommander à tous le monde. Les codes du cinéma Hongkongais, tant dans la réalisation que dans le montage (voire même un...
1
le 27 déc. 2025
Suivrele 31 déc. 2025
C'est déplorable. Vraiment l'un des plus mauvais films que j'ai vus.Rien n'est à sauver. Vous vouliez quelque chose de différent des films de superhéros servis depuis plus de 15 ans ? Oubliez. C'est...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème