Même si le film a eu un gros côté culte à sa sortie, la date de péremption de Highlander aura de toute façon été dépassée peu après, et les choses ne se sont pas arrangées avec les ans. Aujourd'hui, tout ça est dans l'ensemble terriblement daté.
On rigole devant les invraisemblances du scénario : de ces explosions dans un parking qui n'alertent personne, à son Moyen-Age de pacotille où on s'achète des robes au marché du coin. On rigole tout autant devant la pauvreté des dialogues, et des situations bourrées d'incohérences. Et devant ces vingt dernières minutes grotesques tout comme il faut, où le méchant Kurgan tire encore plus la langue que le bassiste de Kiss. Ceci dit, autant la fin est mauvaise, autant les vingt premiers minutes sont prenantes. Précisément, parce qu'on y parle peu, et parce qu'on ne s'est pas encore rendu compte à quel point tout ça est mal joué et mal ficelé.
Seuls subsistent les effets de caméra de Russell Mulcahy. Qu'on détestera pour leur gratuité, ou qu'on adorera pour leur côté excessif. Mais quoi qu'on pense du côté clip frénétique, certains plans et transitions fonctionnent encore très bien. Voir le méchant sur son cheval, entre autres. Ce style outrancier fait l'identité du film et Russell Mulcahy aura lancé, pour le pire comme pour le meilleur - et en même temps que Tony Scott - une mode dans la manière de styliser l'action. Donc si on regarde Highlander encore aujourd'hui, c'est avec beaucoup d'indulgence, pour se rappeler avant tout le petit effet qu'il a suscité à l'époque de sa sortie.