Reprendre l'histoire de Judas dans un autre style que le péplum, pourquoi pas… Reprendre l'histoire de Judas sous un angle historique et politique, avec une rigueur dans les faits et pour présenter une histoire ou Judas n'est pas un traitre, là ça me titille un peu plus.
Du point vue réalisation, on est dans le film à petit budget. Costume simple mais réaliste, réalisation très auteuriste qui donne un côté inattendu au film, celui d'être proche très proche des personnage. On est plus dans l'humaniste que dans le mythologique. Puisqu'il y a reconstitution il faut des décors, Rabah Ameur-Zaïmèche utilise une astuce vraiment bien sentie : sur le lieux actuels, dans les ruines. Tout en gardant quelque chose d'assez réaliste (ruines romaines, thermes, maisons en terres, etc.), cela nous rappelle que nous ne voyons cette histoire que notre point de vue présent, que nous savons déjà que l'empire romain sera en ruine. De même, pas de miracle en live, pas de grande scènes de liesse populaire. Là encore cela renforce le côté palpable de l'histoire, tout en détruisant l'aspect de mythe. Mais surtout tout l'enjeu va être d'écrire le rapport entre Judas et Jésus, que Rabah Ameur-Zaïmèche nous présente simplement comme d'un côté l'homme de parole et de l'autre l'homme de main.
Le cœur de l'histoire, va alors tourner sur les enjeux politiques d'un côté de l'élimination de Jésus du côté romain et de l'autre du ralliement du peuple à la cause de Jésus. Là encore, présenter le verset romain est particulièrement intéressant, tout comme présenter la besogne politicarde de Judas. Le dénouement est pour le moins puissant, mais là encore, point de miracle…
Ce qui est vraiment rusé, c'est de dépasser l'aspect religieux sans non plus virer dans la pure reconstitution historique, pour nous montrer comment un personnage comme Jésus a pu effectivement convaincre les foules et se rebeller contre Rome (beaucoup d'historien s'accordant sur le fait qu'un personnage de ce type a certainement existé) . C'est cet aspect politique qui motive Rabah Ameur-Zaïmèche, dont on aurait pu se demander pourquoi il s'attaque au récit biblique un Wesh, wesh, qu’est-ce qui se passe ? par exemple. Le film traduit très bien la puissance du message d'amour et de simplicité, l'efficacité d'une rhétorique bien sentie face aux armes et fait de son manque de moyen une vrai force, en nous collant au plus près des personnages, donnant ainsi une portée étonnante au film…