Avec son affiche française bien racoleuse, tellement que même un film de Conjuring-verse n'oserait pas se permettre, ce film réalisé par Damien McCarthy avait de quoi faire flipper mais pas vraiment dans le bon sens du terme. Heureusement l'affiche américaine est quant à elle bien plus belle et surtout plus travaillée, suffisamment en tout cas pour attirer mon attention. Effectivement, alors que l'horreur est pour l'instant bien à la traine cette année (mis à part "28 ans"), j'avais hâte de découvrir un film qui relèverai enfin un peu le niveau et c'est effectivement le cas !
Nous suivons ici un écrivain torturé qui se rend dans l'hôtel dans lequel ses parents, maintenant décédés, ont passés leur nuit de noces. Mais il n'est pas au bout de ses surprises... Je sais, c'est un mauvais résumé, déjà car je ne suis pas doué dans cet exercice mais également car il est difficile de parler du film sans le spoiler. Pour la faire simple, nous sommes dans un film qui mélange plus ou moins deux genres : le surnaturel - plus précisément ici le folk horror - et le thriller. Sans en dire de trop, il y a une histoire de légende de sorcière qui vivrait dans l'établissement et puis une disparition. Alors si le lien entre les deux peut être évident dit comme ça, il ne l'est en réalité pas vraiment et je trouve que c'est ce qui constitue le principal défaut du film.
En effet, ce dernier veut raconter beaucoup de choses, trop de choses, si bien qu'il n'en raconte finalement que trop peu. Il ne fait en effet que survoler les deux sujets qui ne semblent pas assez se répondre, ce qui est bien dommage. Malgré tout, et paradoxalement, l'histoire n'est pas brouillon pour autant, on arrive très bien à suivre l'ensemble et le film parvient même à nous captiver de par son intrigue relativement bien ficelée même si je reste un peu sur ma faim pour des éléments que je ne peux dévoiler ici. Et puis, en cherchant un peu plus loin, on peut finalement relier les deux histoires par le thème de la croyance ou plutôt le fait de croire ou de ne pas croire et de ce que cela implique ; le titre du film traduisible entre autres par "balivernes" allant d'ailleurs dans cette direction.
Mais ce n'est finalement pas tellement de par son scénario que le film est le plus réussi. En effet, le réalisateur parvient surtout à captiver l'attention du spectateur de par l'ambiance qu'il construit avec l'aide de jump scares certes mais jamais outrancier et toujours efficaces mais surtout de par des scènes horrifiques entretenant une réelle peur viscérale. Je pense notamment à diverses scènes dans le sous-sol qui sont particulièrement effrayantes ! Et c'est d'autant plus efficace que le procédé est très simple : par exemple, un plan sur un couloir plongé dans le noir avec les violons qui s'emballent. Ça parait banal dit comme ça mais, encore une fois, c'est particulièrement bien exécuté.
Bref, sans être un chef-d’œuvre, "Hokum" est un film d'horreur efficace que je trouve malgré tout quelques fois maladroit dans son intrigue.