Durant huit ans, le réalisateur Steve James a suivi deux jeunes noirs (la précision aura son importance) de Chicago, William Gates et Arthur Agee, du collège aux études supérieures, car leur rêve est de jouer en NBA.
Il y a une plongée très intime, entre les phases d'entrainement, avec les familles, avec les écoles, où l'on se rend compte que les marches pour aller au sommet ne sont que discriminations, échecs, et espoirs brisés.
Si ces deux jeunes arrivent à l'école plein d'espoirs, on se rend vite compte que tout n'est qu'élitisme, et il y a une incroyable ghettoïsation des noirs de Chicago qui semblent parfois découvrir qu'il y a des blancs au-delà de leurs murs, et qu'ils sont contraints et forcés de s'unir. C'est une réalité sociologique (de l'époque ?), où ces ghettos sont emplis d'une grande violence, avec des trafiquants de drogue à chaque coin de rue, dont le père d'un des garçons.
Mais on les voit s'accrocher à leurs rêves, on a envie d'y croire, mais il y a les réalités de la vie, une paternité arrivant bien trop tôt, un genou défaillant, et si l'école est un obstacle pour eux, car on voit bien que pour eux deux, seul le basket compte, la vie est elle-même un mur infranchissable.
Malgré ses près de 3 heures, ce documentaire se suit avec grand plaisir, y compris quand on ne connait pas grand chose au système de draft pour les recrues universitaires américaines, car il est là question de volonté.
Il y a des personnages attachants, comme leur entraineur, un mélange d'Al Pacino et John Goodman, qui n'arrête pas de le engueuler pour ensuite les féliciter, les parents, mais c'est surtout William Gates et Arthur Agee qu'on retient, quelque part victimes d'un système éducatif qui ne leur donnera guère de chances.
C'est une très grande réussite dans le genre du documentaire, culte en Amérique, mais qui mériterait sans doute une meilleure exposition partout ailleurs.