Mitch Nelson est capitaine des Forces spéciales de l’Armée américaine. Lors de la tragédie du 11 septembre et alors qu’il est encore en congés, il retourne voir ses supérieurs pour partir en Afghanistan avec ses hommes. Sa détermination et son pragmatisme lui permettent d’obtenir cette autorisation, mais, une fois sur le terrain, Mitch découvre un pays déroutant.
Nicolai Fuglsig est un journaliste qui a couvert la guerre du Kosovo. Après avoir participé à un film d’action qui n’a pas été produit, il réalise Horse Soldiers tiré du roman de Doug Stanton et relatant une histoire vraie.
Tout d’abord, le titre français, s’il n’est pas complètement débile, est en anglais. L’intérêt de changer le titre américain « 12 Strong » en « Horse Soldiers » m’échappe, mais, au moins, il ne dénature pas l’histoire.
Horse Soldiers est un film de guerre lyrique qui vante la grandeur et la puissance de l’armée américaine. Mais surtout, c’est un western ! Si, si, ce film est construit comme un western avec ses personnages hauts en couleur, son sérieux dramatique, ses moments de douceur et sa charge épique finale à cheval. Le héros a d’ailleurs quelques airs de Clint Eastwood sur son canasson et Michael Shannon reprend le jeu de Lee Van Cleef. Les fusils d’assaut remplacent les colts, les tribus afghanes tiennent lieu de guérilleros et le très méchant taliban Razzan ressemble un peu à Ramón Rojo dans Pour une poignée de dollars.
Le casting comprend quelques acteurs connus, à commencer par Thor qui s’évertue à diversifier son répertoire (il jouera un manager toxique quelques années plus tard dans Spiderhead). On trouve également Michael Shannon, un ancien du cinéma qui a incarné, entre autres, l’impitoyable général Zod dans Man of Steel. Ici, il campe un vétéran tout en retenue et en sagesse. Michael Peña s’est fait connaître dans des films de gangster et a également joué les déjantés dans les Ant-Man. Il reprend un mélange des deux en incarnant un combattant nerveux. Rob Riggle est un comique urticant qui ressort son jeu de Absolutely Anything, le sourire en moins. Enfin, l’inquiétant William Fichtner, un doyen qui s’est illustré notamment dans Equilibirum, campe un colonel méfiant, mais pragmatique.
Si l’histoire est manichéenne, elle raconte tout de même des faits réels. Les talibans, présentés comme des méchants très méchants,
avec l’exécution d’une mère de famille qui a éduqué ses filles
sont effectivement connus pour leurs massacres de civils. Les combats peuvent paraître caricaturaux, avec des talibans infoutus de toucher leur cible pendant que Thor nous refait une prestation à la Dutch dans Predator en avoinant de l’islamiste à chaque rafale. Mais il se trouve que les 12 soldats qui sont allés là-bas sont tous revenus vivants, alors que les talibans ont essuyé une rude défaite. Ils n’ont peut-être pas touché à chaque rafale en caracolant sur leur canasson, mais ils ont contribué à la victoire.
Horse Soldiers est un film maladroit. Il présente des faits réels assez extraordinaires (des militaires qui se battent à cheval côte à côte avec des combattants afghans) avec le lyrisme digne d’une propagande. Son manichéisme ethnocentré dessert cette œuvre pourtant intéressante alors que ce n’était même pas nécessaire. En effet, les talibans ont largement démontré, au travers des atrocités qu’ils continuent de perpétrer, qu’ils étaient méchants. À voir juste pour découvrir un élément historique, donc… ou si on aime les westerns.