Dieu sait que je ne suis pas un fan des histoires de Far-West, mais Hostiles a su me happer dès sa scène d'ouverture, d'une violence brute et poignante, d'une cruauté universelle dépassant le cadre du genre typiquement américain qu'est le western. Scott Cooper signe une réalisation maitrisée et soignée où les acteurs délivrent une performance étonnante et forte en émotions, à commencer par Rosamund Pike et Christian Bale, dont les interprétations toute en retenue finissent par nous bouleverser ! Sous des airs de road movie à cheval au travers de sublime paysages de déserts américains et ponctué par des scènes d'horreur imprévues allant à contretemps des scènes de dialogues plus posées, Hostiles surprend par l'écho de son propos dans notre société actuelle (les inégalités, les divisions dues à une couleur de peau) et par la véracité troublante de ses acteurs. Dans ce périple lent où les personnages sont complexes et où le danger et l'émotion sont omniprésents, le rythme global est toujours maintenu par un fil rouge intrinsèque, singulier, puissant et effrayant. La tragédie de la guerre entre les Amérindiens et les Blancs soude un groupe hétéroclite, aux cultures et aux passés différents, dans leur traversée du Nouveau-Mexique jusqu'au Montana. Les personnages, bien que régis par un paraitre, sont mis à nu grâce un casting d'une force insondable, créant des liens imprévus, impossibles, d'une profondeur rare. Rosamund Pike joue avec ses tripes, à l'image de sa performance glaçante dans Gone Girl, et Christian Bale brise la carapace hiérarchique de son personnage pour en dévoiler son âme. En allant au-delà de l'apparence western, Hostiles est un film qui traite de l'existentiel, de l'humain, de ses croyances bafouées, de sa folie égoïste et de ses peurs enfouies. Authentique, efficace, dépaysant, sensible, je ne peux que conseiller de foncer voir Hostiles !