Hostiles, c'est l'histoire de personnages brisés, fatigués, hantés par des actes commis ou non d'eux mêmes dans un lointain passé ou dans des évènements plus récents. C'est l'histoire d'une communauté qui avance à pas de cheval, dans de somptueux paysages où se succèdent les deuils et les bivouacs. Le long et lent cheminement se voit perturber par de l'hostilité telle que la barbarie, le pillage, le viol de la part d'une bande de Comanches qui n'a plus rien à perdre ou de trappeurs sans scrupule, sans oublier l'arrogance de propriétaires blancs s'étant appropriés des terres plus vastes que ce qu'ils ont besoin.
Les personnages apprennent à s'entraider, sur un chemin de confession, de deuil et de rédemption. Ils font face à des regains de violences dont la plupart ne s'en sortiront pas vivants. Il y a un côté famille recomposée (rappelant celle vue dans Josey Wales, Hors-La-Loi avec Clint Eastwood), entre des soldats au lourd passé de guerriers (Chirstian Bale et Rory Cochrane au bout du rouleau), un vieil indien en fin de vie (Wes Studi) accompagné de ses proches, lui-même également appesanti par un passé commun en tant qu'ancien ennemi, ainsi qu'une veuve (Rosamund Pike marquante de dignité) rescapée et endeuillée par le massacre de sa famille au début du film, long métrage qui se révèlera progressivement être ni pro-américain, ni pro-indien.
Aussi sombre et violent qu'il soit, ce western très crépusculaire a aussi quelque chose d'apaisant par sa lenteur et par les magnifiques panoramas qu'il présente. Ces derniers semblent être traversés avec grand respect au fil du chemin ponctué par les campements et les cérémonies funèbres qui se succèdent. Dans une souffrance toute aussi spirituelle que physique, la recherche de paix intérieure parmi les protagonistes devient de plus en plus palpable et gare aux antagonistes qui viennent troubler le chemin, jusqu'à la fin où, malencontreusement, la discussion ne semble plus de mise venant de gens intolérants et sourds au respect d'une volonté même présidentielle, ce qui contraint finalement à refaire parler le feu et l'acier avec un capitaine Joseph J.Blocker arrivé en bout de patience dans une dernière tuerie qui, par son contexte, lui sera moralement libératrice.
Pesant, sanglant, apaisant puis finalement humaniste, Hostiles livre des images d'une nature belle dans laquelle l'autre nature, humaine celle-ci, tend aussi bien que mal à recoudre les déchirures de la vie qui sont lestées par les haines, les peines, les remords et les rancoeurs.