Maintenant que sa fille est mariée, que son petit-fils a déclaré sa vampiritude et que son papa l’a accepté, Dracula peut enfin penser à lui. Et la solitude de son veuvage lui pèse ! Ses amis essaient bien de lui présenter des prétendantes, mais sans succès. Mavis a alors une idée lumineuse. Pourquoi ne pas tous partir en vacances ? Justement, elle trouve une croisière réservée aux monstres, et le capitaine est une séduisante humaine…
Visiblement, Genndy Tartakovsky s’éclate avec son monde halloweenesque. Il a écrit le scénario de cet épisode avec l’aide de Michael McCullers.
Si le deuxième opus était un peu plus sérieux, ce troisième volet est résolument délirant. L’introduction et surtout l’irrésistible voyage en avion donnent le ton. Cette croisière est complètement folle et la galerie de personnages s’étoffe d’individus farfelus comme les serveurs poissons ou le méchant. Même les mimiques d’Ericka sont clownesques.
L’histoire en devient, du coup, secondaire, éclipsée par la romance, mais surtout par l’avalanche de gags. Mavis et Johnny cèdent également la vedette à leur fils, sa terrible amie loup-garou Winnie, et surtout à papy Drac. Les quiproquos de rigueurs sont exacerbés par la vengeance, et la fin est un festival de folie (mention spéciale au kraken, trouvaille sublime d’absurdité).
Visuellement, les images sous-marines font leur effet, de même que le décor du gigantesque paquebot, ou encore de la cité engloutie finale. La musique glisse du hip-hop à la techno et à la soupe que l’on passe en boîte de nuit. L’ineptie du morceau final, censé être la représentation de la bonté ultime, fera saigner des oreilles comme les miennes. Ce n’est pas grave, c’est le prix de cette ambiance festive.
Hôtel Transylvanie 3 est une réussite totale. Genndy Tartakovsky parvient à se renouveler, visiblement très inspiré par son monde. Au lieu de nous resservir la même recette, il réussit à trouver de l’originalité et de faire évoluer ses personnages. Cet artiste est décidément doué ; espérons que sa muse le suive encore longtemps.