On peut considérer que "Hugo Cabret" poursuit un cycle entamé avec "Shutter Island" dans lequel Martin Scorsese s'essaie à des genres différents, sors de sa zone de confort et se montre plus "grand public". Après le thriller Fincherien, voici donc le conte familial, genre à contre emploi pour le cinéaste, qui se prend les pieds dans le tapis. Le souci, c'est que pour ce genre de film, il faut du coeur, de l'émotion et qu'on ne peut pas tricher avec ça sans que ça sonne faux. Or ce sont bien des qualités qui manquent à papy Martin.
"Hugo Cabret" empile tous les clichés possibles et imaginables, comme si Scorsese n'avait pas bien digéré Oliver Twist. Le script est plutôt balisé, les décors en CGI pas toujours de très bon goût (on dirait des cinématiques de PS1) et le rythme totalement à la ramasse (on dirait une prod Netflix de ce côté là). Asa Butterfield et Chloé Grace Moretz ont beau faire ce qu'ils peuvent, ils n'ont pas l'air d'y croire plus que le reste du cast : Ben Kingsley, Christopher Lee ou Sacha Baron Cohen peinent à incarner des personnages creux et caricaturaux.
L'ensemble s'améliore un peu dans sa seconde partie mais c'est presque un autre film qui démarre, Scorsese semblant abandonner le scénario qu'il développait jusque là pour une réflexion sur le pouvoir des images et du cinéma et sur le temps qui passe. Pas inintéressant (Scorsese est sur un terrain qu'il maîtrise plus) mais pas suffisant pour vraiment se reveler