6 ans après que Murnau & Flaherty ai posé leur caméra à Tahiti pour Tabou, Ford campe dans les île du Pacifique pour célébrer à la fois la beauté de leur culture et, à travers la figure du pasteur, l'universalité de la foi chrétienne.
Dans ce qui a tout l'air d'un film mineur du cinéaste, décalé par rapport à ce que l'on connaît de son Œuvre (les westerns et la Légende de la Conquête de l'Ouest), cette romance dramatique, sociale et ethnographique, vilipendant les affres du colonialisme bien avant l'ère de la décolonisation, Hurricane témoigne d'un engagement politique profond, dans un regard progressiste qui, une fois de plus (avec Sergent York et Les Cheyennes), confirme combien Ford, c'est les États-Unis au carré (c'est-à-dire la réconciliation des Nordistes et des Sudistes).
Enfin, de façon plus profonde encore, par-delà la vivacité de ses interprètes (chacun dans son registre, Thomas Mitchell en chef), la beauté de la photographie (signé Bert Glennon) et de la musique (signée Alfred Newman), la grandeur du film tient à ce qu'il réussit à mettre en opposition frontale et formelle la violence de la culture (celle que le colonialisme impose) et la violence de la nature (incarnée par cette séquence spectaculaire de l'ouragan, proprement hallucinante de réalisme).