Avec I Love Peru, Raphaël Quenard signe un film hybride, quelque part entre autofiction et mockumentaire bricolé. Ce dispositif donne lieu à des moments à la fois drôles et gênants, où la frontière entre fiction et confession se brouille.
Le film explore frontalement ce que beaucoup fuient : l’après. Hugo David et Raphaël Quenard filment ce vide avec une certaine crudité, parfois touchante, parfois maladroite. Il évoque cette période floue où l’on cherche des réponses auprès d’un Chaman, et où l’on réalise que l’on ne récupérera pas ce qui est perdu. Ce n’est pas un film de reconquête, mais un film de renoncement.
Derrière cette quête amoureuse avortée, I Love Peru aborde avec justesse la thématique de l’amitié. Les amis, ces présences silencieuses qu’on néglige quand tout va bien, mais qui réapparaissent quand tout s’effondre.
Enfin, difficile de ne pas évoquer la métaphore du condor. Bien qu’introduite de manière un peu lourde, elle finit par trouver sa place : ce grand oiseau solitaire que l’on voudrait abattre, incarne cette solitude qu’on tente vainement de fuir. Mais I Love Peru finit par l’accepter : il ne s’agit pas de tuer cette part de vide en nous, mais d’apprendre à voler avec elle, en faire une force.
En résumé, I Love Peru est un film inégal, parfois maladroit, mais profondément humain. Un essai de cinéma libre, porté par une vraie envie de dire quelque chose sur l’absence, la célébrité, la rupture, l’amitié et l’après. Tout ne fonctionne pas, mais certaines fulgurances propres de Raphaël Quenard touchent juste.