Quoique mis en scène par Fred Schepisi, réalisateur australien de talent, Iceman ne cesse de tomber dans le ridicule que laissait présager son sujet : la découverte du corps d’un homme préhistorique dans la glace donne lieu non seulement à sa décongélation quasi instantanée, lasers à l’appui, mais encore à son étude une fois revenu à la vie. Dès lors, à la technicité affichée par les décors et portée les dialogues, au moyen de divers appareils aux écrans très sérieux, de phrases au jargon tout aussi sérieux, de postures toujours très sérieuses, se heurte la grossièreté d’un cinéma hollywoodien qui se montre ici incapable de la moindre recherche, hésitation, nuance. Le film devient un festival d’incohérences et de simplification anthropologique, réduit son scientifique au regard bleu perçant à un ami chanteur au clair de lune partageant avec l’ancien sa barbe touffue, la seule femme de l’équipe à une spectatrice qu’il faut constamment informer – la pauvre, elle ne comprend pas grand-chose par elle-même… –, son homme des cavernes à une caricature bondissante du sauvage confondant l’hélicoptère avec une divinité. Un rapide détour par les braves Inuits locaux qui seront contents d’apprendre que leur langue et leur culture n’ont pas évolué depuis le Néandertal, et nous avons là la quintessence de La Guerre du feu, chef-d’œuvre de Jean-Jacques Annaud sorti trois ans auparavant, revu et corrigé par l’Oncle Sam. La photographie est soignée, la musique insupportable. Mais qu’est-ce qu’on s’amuse !