Dans une école paramilitaire très stricte uniquement composée de garçons, plusieurs élèves ne supportent ce mode de vie, et aspirent au changement. D'où une rébellion contre l'autorité qui va poindre.
Il faut rappeler que If... a été tourné en Angleterre en 1968, au moment où les évènements français avaient lieu, et on peut mettre ceci en parallèle avec le film, qui exprime lui aussi son envie de renouveau, en tout cas d'aspirer à plus de liberté.
Ça correspond fortement au Free cinema, dont Lindsay Anderson fut le chef de file, et qui s'apparenterait en gros à la Nouvelle Vague française, avec une radicalité dont le cinéma anglais ne fut pas habitué. Ça s'exprime entre autres par une femme nue qui apparait à l'écran, ce qui fut rarissime à l'époque, et par les jeunes hommes que l'on voit nus sous la douche ; bon, on ne voit pas tout de ces derniers, mais il faut saluer l'audace pour un pays considéré comme très sévère au niveau de la censure, sans oublier l'évocation constante de l'homosexualité, qui n'est jamais dite, mais dont on le pressent par moments.
Cette volonté de changement se représente via quatre étudiants, et une jeune vendeuse, qui s'appellent les Crusaders. L'un d'entre eux n'est autre que Malcom McDowell qui, pour sa première apparition à l'écran, explose de présence et d'un jeu très animal.
En parlant de lui, qui représente en quelque sorte le leader du groupe, difficile de ne pas évoquer Stanley Kubrick, voyant dans ce film le futur Alex de Orange Mécanique, qui serait en quelque sorte ce que serait Mick Travis (le personnage de McDowell) qui aurait très mal tourné, d'autant plus que les âges correspondent.
Outre le fond, révolutionnaire en diable, Lindsay Anderson a crée son histoire de manière chronologique, avec huit chapitres montrant l'évolution du groupe, et aussi, et c'est plus surprenant, par des séquences passant soudainement en noir et blanc. Non pas pour pallier à un budget qui aurait diminué, mais juste pour accentuer l'esthétique d'un plan, dont Anderson fut un esthète .
Quant au son, je vous conseille TRÈS fortement de voir le film en version sous-titrée, car l'accent très prononcé des étudiants et autres adultes rendent quelquefois la compréhension difficile.
Au final, il est dommage que le film soit totalement inédit en vidéo chez nous alors que c'est une œuvre charnière en Angleterre. Qui a tout de même lancé quelqu'un comme Malcom McDowell et inspiré quelqu'un comme Stephen Frears, qui fut d'ailleurs assistant sur le film.
Mais en l'état, c'est vraiment formidable, presque inespéré et au fond d'une très grande violence sur l'Angleterre d'alors.