Pour s'attaquer au patriarcat au Pakistan, Zarrar Kahn, dont c'est le premier long-métrage, a choisi de varier les tonalités, passant progressivement du portrait intime à la comédie romantique, au drame, au fantastique et même à l'horreur. A l'image de Joyland, sorti il y a seulement quelques mois, In Flames est aussi une réussite esthétique, montrant la réalité et les fantômes de Karachi, tels que perçus par son personnage principal de jeune étudiante, incarnée de manière impressionnante par la magnifique Ramesha Nawal. Certains pourront sans doute trouver à redire à ce mélange des genres, mais si le réalisme de certaines scènes est contrebalancé par son caractère onirique, le film n'y perd en aucun cas de sa puissance pour décrire le quotidien des femmes dans la mégalopole pakistanaise, laquelle n'est que danger, que ce soit dans la rue ou dans le cercle familial. Et que l'on ne parle pas de manichéisme, même si In Flames a des allures de brûlot. Le film décrit un état de faits difficile à réfuter et use pour cela des armes à sa disposition, avec une volonté d'enfoncer le clou qui ne lui est pas préjudiciable. Comme le dit un surveillant des bonnes mœurs, à l'égard de deux jeunes gens trop serrés sur un banc : "ce n'est pas Bollywood, ici !". En particulier, pour les femmes, cela relève de l'évidence.