Un coup de cœur, une oeuvre très personnelle, déroutante. Beaucoup écriront sur le magnifique mélange entre film sur un père, sur un flic, sur une ville, et la justesse de l'équilibre. Pour ces personnages si intéressants, mystérieux, et tout sauf "tout noir / tout blanc".
Le film va m'attraper sur autre chose. Très vite, je tique sur la représentation du pays, sur l'accumulation de plan sur les quartiers misérables, sans contrepartie plus élogieuse. De la violence et de la corruption de la police, de la vision de l'hôpital, de l'éducation, voir même de la bêtise dans les propos (comme cet informateur sur le président Poutine) ou de situation. Je tique en me disant qu'on donne une vision clichée et misérabiliste, rétrograde du Cameroun. Surtout face à un héros rappelant combien l'Occident les rattraperait sur tout. Mais je connais un peu les propos de M. Ngijol, dont je découvre la richesse du jeu d'acteur. Je peux pas lui prêter cette volonté. Le film me remet à ma place, spectateur. Qui suis je sans y être allé ? D'où la force d'un film avec, et depuis l'étranger. Le film me remet à ma place, arrêter de se croire critique de tout, capable de tout, accepter le propos de ceux qui vont, font. Ecouter, réceptionner, être sage. La leçon d'humilité n'est qu'un point, mais oui, tout le monde à raison de parler surtout de ce superbe équilibre.
Du coup j'ai hate d'acheter le bluray, et prendre les bonus, voir le making of, la reception, ses interviews, de mieux comprendre ce pays, sans militantisme de ma part.