J'avais découvert "Inferno" lors de ma première exploration de la filmographie de Dario Argento. Déjà, à l'époque, il m'avait déçu, lui trouvant des airs de sous "Suspiria". Des années plus tard, je lui redonne une chance... et malheureusement ce n'est pas mieux.
Le plus gros problème du film, c'est bien toujours qu'il souffre de la comparaison avec son grand frère. Une intrigue similaire surnaturelle autour de la sorcellerie, avec des êtres dangereux qui habitent un immeuble sinistre. Et un style qui se veut proche, jouant avec un bâtiment imposant et des couleurs bleu/rouge prononcées.
Le hic ici, c'est tout d'abord un scénario affreusement confus. Des personnages aux airs de protagonistes apparaissent... pour servir de chair à couteau. Des figures inquiétantes émergent, aux airs de méchants... pour se faire tout autant dézinguer. Finalement, on comprend que le "héros", à l'arrivée tardive dans le récit, est un étudiant incarné par le très fade Leigh McCloskey. Dario Argento voulait peut-être se la jouer "Psycho", c'est raté.
D'autant qu'il n'y a pas réellement de fil rouge. La quête de Mark pour retrouver sa soeur est surtout un prétexte pour enchaîner les tueries... jusqu'à une "révélation" finale stérile, vite expédiée, en forme de pétard mouillé. Les dialogues maladroits, comme souvent chez Argento, n'aidant pas.
Et puis il faut aussi évoquer la musique, qui ne marche pas du tout. Le clavier, le piano, ou les chansons baroques sont hors de propos. Ca fait mal comparé à la BO des Goblin de "Suspiria" ou "Profondo Rosso".
Mais "Inferno" propose tout de même des choses intéressantes. Les (nombreuses) tueries restent sympathiques. L'ambiance visuelle est soignée, même si là encore moins cohérente et moins tendue que "Suspiria". Et il y a de belles idées, tel cet étage d'immeuble englouti dans les premières scènes. Ou les apparitions de la sorcière incarnée par la belle et mystérieuse Ania Pieroni. Bref, Dario Argento se rattrape (partiellement) sur l'ambiance.
Pour l'anecdote, Dario Argento a confessé garder un mauvais souvenir du film. Pour cause : il a grandement souffert d'une hépatite, et a du tourné des séquences alors qu'il était couché. Une partie du tournage fut confié pour cette raison à... Mario Bava !