L’envie forcenée de montrer son intelligence n’est-elle pas une preuve de bêtise ? C’est la réflexion qui me vient parfois devant les films de Christopher Nolan. D’autant que son intelligence est particulière, c’est l’intelligence de l’ingénieur étendue aux domaines de l’art et de la pensée. Elle ne s’attache pas tant à la subtilité qu’à la complexité. Elle réduit tout à un mécanisme d’horlogerie et semble considérer que le rubikscube est le modèle achevé de la grande œuvre.
Cette conception de l’art, à fortiori dans un contexte métaphysique trouve rapidement ses limites : Dieu est par définition ce qui se passe de rouages. Quand on désire l’exprimer dans une œuvre, une règle s’impose : laisser une part d’ombre et s’abstenir de tout expliquer.