Intolérance
7.1
Intolérance

film de Phil Mulloy (2000)

Cette série de trois petits court-métrages de Phil Mulloy est assemblée dans un ordre chronologique synonyme de ravissement pour l'oeil écharpé. Télérama parle des Shadoks et de Topor pour définir ce qui se rapproche le plus de ce gloubi-boulga unique. Les trois courts exposent des êtres doués de parole sous un jour iconoclaste : les têtes de sexes et les têtes d'yeux et dents se répudient mutuellement après avoir effectué l'examen respectif de leurs us et coutumes. Et ça commence comme un Star Wars : des étoiles plein l'écran... puis la descente aux enfers. Le noir et le blanc se taillent la part du lion pour foutre le spectateur dans l'embarras de la moiteur d'un débarras exigüe et caverneux. On est donc plus proche de l'univers claustro de Blade Runner, couplé aux gueules émasculées de Pierre Tombal... Avant que les couleurs pétaradantes n'éclatent ce grand cirque pour en faire un asile.

On baigne totalement dans la SF (abracadabrantesque), celle de l'anticipation la plus pessimiste et grinçante de cynisme. Dans le prolongement, le deuxième court transpire le Western sans foi ni loi, et rappelle le mauvais esprit de l'inimitable Conker's Bad Fur Day, principalement en raison du doublage du réac. Le dernier des trois est sans conteste le plus poussé dans le WTF. Le mélange sucré-salé manichéen est encore plus présent et fait immanquablement penser à Happy Tree Friends. Le reste des tribulations du court évoque Saddam Hussein dans South Park le film, et plus généralement la série dans son intégralité pour ce qui est de l'esprit irrévérencieux.

Finalement, tout pue la saloperie humanitaire sur ces tronches renfrognées qui n'exercent leur droit de vie que par l'exècre et l'excrément. Les silhouettes sont celles d'un Tim Burton édenté et crasseux comme un pou. Noires de charbon et d'intolérance, leurs âmes sont enfouies sous un monticule de préceptes échevelés par l'Eglise postée au rang de maître de l'obscurantisme. La narration quant à elle se fait essentiellement par le sermon adogmatique en voix off, livré par un précepteur prêchant la bonne parole par une mise en garde où la nécessité est de se munir de sa Raison. L'humour décape ces cadavres au vitriol pour mieux brosser la face de l'Homme qui se gratte la tête devant ce spectacle impudique. Absurde et inquisiteur : qui dit mieux ?

Créée

le 29 déc. 2010

Critique lue 680 fois

Adrast

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