Intrusion rejoue la contamination extraterrestre à l’échelle non plus d’un vaisseau mais de la cellule conjugale, et offre au spectateur un voyage assez consternant où l’esthétique bling bling de la mise en scène tente, tant bien que mal, de cacher les trous d’un scénario trop superficiel pour convaincre. Il n’était pas inintéressant d’insérer la menace au sein de la maternité ; un beau portrait de femme se tenait là, en creux. Et l’on peut dire que Charlize Theron porte le trouble avec un grand talent. Elle semble d’ailleurs la seule à croire à cet enchaînement abracadabrantesque de retournements mal coordonnés les uns aux autre : Johnny Depp, un verre à la main, attend que ça se passe dans une présence-absence remarquable. C’est toute une intrigue qui, à l’instar de son héros, ne parvient jamais à marquer l’image qu’elle est censée porter. En résulte un produit insipide et dépourvu d’ambition (dramatique, artistique, cinématographique).