Invasion Los Angeles est l’essence même du cinéma de John Carpenter : un film de divertissement teinté d’une critique acerbe de la société américaine sous Reagan et, plus largement, de la société capitaliste.
Le film commence par nous montrer Roddy Piper errant en ville à la recherche d’un travail, mais du travail, il n’y en a plus : celui-ci est réservé à une certaine caste. Malgré son optimisme, il va découvrir le pot aux roses. Le film prend alors un tournant SF inattendu, qui justifie pleinement le titre original, They Live.
L’idée d’un monde caché sous notre société est vraiment incroyable ; les lunettes de soleil révélant la vérité, c’est culte. Le fameux « OBEY » est devenu une marque : c’est dire que le monde n’a pas changé.
Alors certes, l’acteur principal n’est pas bon du tout (Kurt Russell n’était pas dispo ?), la scène mythique de la baston de rue est peut-être un peu too much, et Carpenter n’est pas le plus doué pour filmer les gunfights. Mais quel génie pour instaurer une ambiance et faire un film au vitriol sans que ce soit chiant ou abscons. On est toujours avec les personnages, et sa vision d’un Los Angeles pauvre et sale, marqué par une paupérisation galopante, était en avance sur son temps, le tout souligné par une OST culte.