Après un premier opus en 2008 qui avait posé les bases (solides) du MCU, Iron Man 2 était attendu au tournant. Réalisé par Jon Favreau, ce second chapitre m'a laissé une impression de vacuité assez déconcertante. Si la forme est là, le fond, lui, semble avoir été sacrifié sur l'autel du divertissement pur.
Ce qui a coincé
Tony Stark, un héros à bout de nerfs : Robert Downey Jr. possède un charisme magnétique, certes. Mais le personnage de Stark continue à me paraître plus irritant qu'attachant. Son arrogance permanente, censée être tempérée par son agonie au palladium, ne suscite aucune empathie. On subit ses sautes d'humeur sans jamais vraiment entrer en résonance avec ses blessures intimes.
La logique, cette grande absente : La séquence de Monaco est symptomatique. Comment Ivan Vanko a pu anticiper le coup de tête de Stark pour piloter ? Que fait la direction de course qui n'arrête pas la course malgré la présence d'un terroriste sur la piste ? Et Pepper Potts débarquant sur la piste à contre-sens comme s'il s'agissait d'une banlieue déserte, vraiment ?! Le scénario défie toute immersion. On privilégie l'effet "wahou" à la vraisemblance.
Antagonistes en demi-teinte : Si Mickey Rourke (Ivan Vanko) possède une intensité brute bienvenue, son basculement vers le super-vilain en armure cliché gomme tout son intérêt. Quant à Justin Hammer, son personnage caricatural manque cruellement de relief, transformant la rivalité industrielle en une farce sans enjeu réel.
Ce qui a survécu (et c'est déjà ça)
Technique irréprochable : Visuellement, le film n'a pas pris une ride. La mise en scène est nerveuse et les effets spéciaux restent d'une grande efficacité.
L'expansion du MCU : Voir le S.H.I.E.L.D. prendre de l'ampleur et offre un fil rouge passionnant pour qui s'intéresse à la mythologie globale de Marvel.
Verdict
Iron Man 2 est un film de transition qui se perd dans sa propre démesure. En voulant en mettre plein la vue avec une pyrotechnie constante, il néglige la construction de ses personnages et la cohérence de son intrigue. C’est du grand spectacle, mais sans l'âme qui faisait le sel du premier volet. Espérons que la suite saura retrouver cet équilibre si fragile entre action et profondeur narrative.