Une personnalité qui ne laisse pas indifférent

Noé utilise le cinéma comme ce qu'il est fondamentalement : un art. Le réalisateur joue avec les possibles. Qu'on crache sur le résultat ou qu'on l'admire, on ne peut nier que ce film a une personnalité. Irréversible ne se limite pas à l'usage de procédés préexistants, c'est une véritable performance artistique.


Allons droit au but. Dans Irréversible, il y a une véritable volonté de choquer. L'horreur est là, l'écran la crie et la transpire.


Les grandes lignes du film se limitent à une chose : la violence et le sexe sont omniprésents dans la société, et la violence engendre seulement douleur, colère et violence. Qu'il y ait une visée morale ou juste une volonté de dire les choses, le message ne peut que passer. Il passe même trop bien pour une partie importante du public, qui taxe le film d'abject et sordide pour le ranger dans le placard des horreurs. C'est sans doute parce que la vérité dérange que Noé a fait ce film. Mais voilà, malgré le tapage, ce n'est pas nouveau, et il est loin d'être le seul à aller dans ce sens. On sait que l'horreur est là, mais on ne veut pas en parler, il est donc compréhensible que nombre de spectateurs rejettent ce film qui leur impose l'horreur.


Pour sa part, le scénario est épuré, puisque ce sont des faits communs que Noé cherche à retranscrire. Il est possible de pointer du doigt les réflexions sur le sexe, qui sont globalement peu pertinentes et peuvent prêter à sourire, mais ce n'est pas l'essentiel.


L'essentiel se situe bien dans la réalisation, l'esthétique de l'image, le jeu, le montage, les sons. Tout ça rend les scènes horribles si insupportables pour un grand nombre de spectateurs qu'on en oublie ce qui vient après : la scène finale. Peut-être la plus choquante de toutes, puisqu'elle est


l'exaltation sereine de la vie, en parfaite opposition avec le reste du film


. Que penser de cette scène, après tant d'horreur ?

Qu'il provoque fascination, dédain ou dégoût, Irréversible n'est pas un film dont on peut nier l'existence.

Nomei-Pando
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films avec une narration non-linéaire

Créée

le 3 janv. 2016

Critique lue 424 fois

Nomei-Pando

Écrit par

Critique lue 424 fois

2

D'autres avis sur Irréversible

Irréversible

Irréversible

5

Pravda

414 critiques

Critique de Irréversible par Pravda

En lançant Irréversible, je pensais en ressortir, comme 90% des gens, avec un avis tranché : "j'ai adoré" ou "quelle horreur/navet"... Mais non. Ni l'un ni l'autre... Je trouve d'énormes défauts à...

le 7 janv. 2013

Irréversible

Irréversible

9

Behind_the_Mask

1491 critiques

Illusion of time

Cannes, en mai 2002, et sa polémique, n'aura retenu que la supposée crasse et la nausée, ta provocation un brin adolescente, et ses quelques bien pensants endimanchés qui ont feint l'indignation et...

le 19 juin 2017

Irréversible

Irréversible

10

MauriceLapon

30 critiques

Un beau film génital

Bonjour! L'histoire du film est: des bonhommes se bagarrent dans une salle de fêtes homosexualiste (un des bonhommes = le bonhomme Yves-Saint-Laurent!). Ensuite une vieille femme (elle est...

le 8 févr. 2013

Du même critique

Une histoire vraie

Une histoire vraie

8

Nomei-Pando

29 critiques

Le mythe lynchéen du quotidien

La façon de filmer de Lynch invite le spectateur à adhérer à ce qu'il voit, à reconnaître la réalité des images, d'une façon rare aujourd'hui : là où certains films de Lynch poussent l'étrange et...

le 5 janv. 2016

La Haine

La Haine

8

Nomei-Pando

29 critiques

L'actualité cyclique : une dégringolade en spirale

Après une semaine d'agitation médiatique et de soulèvements populaires étouffés en réaction aux violences sur ''Théo'', j'ai eu besoin de voir ce film. Les ''bavures'' policières et les heurts...

le 12 févr. 2017

Irréversible

Irréversible

7

Nomei-Pando

29 critiques

Une personnalité qui ne laisse pas indifférent

Noé utilise le cinéma comme ce qu'il est fondamentalement : un art. Le réalisateur joue avec les possibles. Qu'on crache sur le résultat ou qu'on l'admire, on ne peut nier que ce film a une...

le 3 janv. 2016