Si j'ai eu du mal à accrocher au film suivant de Mitchell, "Under the Silver Lake", sorte de néo-noir mental ultra-référencé à l'étrangeté un peu forcée qui voudrait marcher dans les pas de Lynch autant que de Chandler sans en avoir l'étoffe, "It Follows" est au contraire d'une épure qui force l'admiration en plus de s'avérer sans aucune difficulté l'un des deux films d'horreur les plus flippants et singuliers des années 2010, assez avares en la matière (on reparlera du second, chef-d'oeuvre d'un chouchou coréen dont la filmo est un sans-faute jusqu'ici, plus haut dans ce classement #600favoritefilms).
Quelque part entre Charles Burns pour l'allégorie des MST - et par extension la répression sexuelle des adolescents et la peur des contacts humains - de l'immense roman graphique "Black Hole", et John Carpenter pour la tension crépusculaire, l'atmosphère musicale, l'oppression du Cinemascope et l'abstraction du Mal (rien n'est jamais expliqué et c'est ça qui est beau), la banlieue au début rappelant par ailleurs la petite ville d'"Halloween", le film est émaillé de scènes d'anthologie (l'irruption du géant sans yeux dans la chambre, l'attaque au bord du lac, le stratagème de la piscine qui tourne court), autant de climax qui ne déjouent pourtant jamais son ambiance malsaine et désespérée. Et évidemment, la révélation de Maika Monroe, excellente récemment dans un "Longlegs" mi-figue mi-raisin, ne gâte rien.