<i>Légers spoilers.</i>
Séducteur, <em>Ixcanul</em> nous arrive dès son titre avec la promesse d’un volcan, d’un bouillonnement intime comparable à celui des montagnes. On déchante vite : derrière l’imagerie chatoyante et un certain sens du cadre, on ne trouve que le terrain balisé d’un world-cinema tout ce qu’il y a de plus lambda, coincé entre sa fatalité sociale au symbolisme lourdingue (dès l’ouverture aux cochons, qui rappelle qu’un hors-champ n’est pas caution de finesse) et la plus-value de son label sensoriel (sexe, éléments, terre qui fume). Cette facture organique est plaisante, mais ne met jamais réellement en jeu le train-train oppressant d’un film très carré, dont l’héroïne n’est qu’une victime se laissant traîner de piège en piège : passé le bel habit, rien ne distingue ce drame du pensum naturaliste de base. L’ensemble, enfin, ne sait pas vraiment sur quel pied danser, hésitant sans cesse entre l’aval donné au mysticisme local et le réalisme du pamphlet politique : le film échouant à penser leur relation, l’un finit par n’être que l’allégorie de l’autre. Reste alors, pour vivre ces péripéties autrement que depuis un haut symbolisme, la fièvre adolescente du désir (auquel le film coupe court), puis la complicité inattendue de la relation mère-fille (une vraie surprise, pour le coup), qui permet de traverser le film autrement qu’en asphyxie.
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