Censuré par Khrouchtchev, La porte d'Illitch est devenu J'ai 20 ans, avec deux principales séquences modifiées. Les deux versions cohabitent désormais et quelle que soit celle choisie le film reste la grande œuvre générationnelle du cinéma russe des années 60, parfois proche de la Nouvelle vague française mais viscéralement russe dans l'esprit. La quête existentielle de ses trois héros, tous dépourvus de père (à cause de la seconde guerre mondiale) est celle d'un idéal problématique, sans que soit remise en question la nature du régime. Les nombreuses images du Moscou de l'époque, dans les rues, les appartements, le tram ou le métro, donnent un véritable vent d'authenticité et de fraîcheur à un film où les conversations donnent le ton avec, en point d'orgue, une scène onirique, dans lequel un fils (23 ans) rencontre son père (21 ans), un jour avant la mort de ce dernier au combat.