Jedda
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Jedda

Film de Charles Chauvel (1955)

Evidemment, il y a bien eu quelques films ethnologiques sur les aborigènes d'Australie dès les débuts du cinéma, mais "Jenna" est le premier film de l'histoire à avoir utilisé de vrais aborigènes en tant qu'acteurs dans une industrie cinématographique australe encore balbutiante, dont c'est d'ailleurs le premier film en couleurs.

Les influences sont grandement à chercher du coté du western américain, où l'on fera aisément le parallèle entre les indiens et les aborigènes.

Au même moment à Hollywood, la traditionnelle représentation des méchants indiens dans les westerns commence à peine à être révisé dans les premiers westerns défendant leur cause ("La flèche brisée" ou "La porte du diable"). On aurait aimé que ce film suive la même voie, mais son discours reste bien au contraire très ambigüe. Si on peut saluer l'utilisation de vraies aborigènes à l'écran, surtout le rôle principale de Jedda, il reste que son fiancé bien aborigène lorsqu'il est adolescent, devient soudain un acteur blanc grossièrement maquillé à l'âge adulte...

Autre rôle aborigène important, celui de l'antagoniste Marbuck, qu'on ne peut s'empêcher à comparer à l'image caricaturale des noirs africains durant la colonisation. Le film véhicule encore en lui, le fantasme du sauvage virile, dont l'exotisme, tel un vieux film de "Tarzan", attire les femmes, tout en le croissant à l'image d'Epinal du Cro-Magnon trainant sa femme par les cheveux !... Oui, on est pas vraiment dans l'esprit de fraternité entre les peuples ici.

Pourtant le film semblait bien commencer dans cette optique, avec l'éducation Jenna par une colon blanche bien catholique, laissant croire qu'on allait avoir droit à une aventure gentillette de "Lassie chien fidèle"...

Mais la conclusion elle, est bien au contraire représentative de l'esprit encore bien colon de l'époque, à vouloir ghettoïser les natifs et surtout proscrire tout métissage, par de nébuleux arguments raciaux et de gènes culturelles...

Il faudra attendre encore une vingtaine d'années, pour que les aborigènes soit représentés de façon plus digne sur les écrans dans des films comme "Walkabout", "The chant of Jimmie Blacksmith", "Mad dog Morgan" ou "La dernière vague".

Jean-FrancoisS
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le 6 oct. 2024

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