Je me souviens qu’à sa sortie, en 1992, j’avais bien aimé ce polar avec Andy Garcia et la craquante Uma Thurman. OK, OK, à l’époque, j’aimais à peu tous les films que je voyais alors ça n’est pas une référence, c’était l’enthousiasme de la jeunesse ! 😁 Trente quatre ans après, j’ai trouvé ce polar bien paresseux, me conduisant à la limite de la somnolence. Il pose d’entrée une ambiance très poisseuse, des lumières blafardes, une pluie battante et un tueur en série qui s’en prend à des jeunes femmes aveugles. C’est l’inspecteur John Berlin (Garcia) qui le comprend mais visiblement parmi ses collègues et sa hiérarchie, personne ne le croit ou ne s’y intéresse vraiment. En plus, il rencontre une jeune aveugle Helena Robertson (Thurman) qui pourrait bien être en tant que témoin la prochaine victime. Un empilement de clichés, une réalisation de Bruce Robinson sans originalité qui mise trop sur des effets faciles (la course poursuite dans l’institut plongé dans les ténèbres, le flic accusé à tort d’être le meurtrier et d’avoir tué son équipier, le voyeur qui prend en photo Héléna lorsqu’elle est dans son bain…). Rappelons juste que Robinson avant d’être réalisateur a été acteur chez Truffaut par exemple (le lieutenant Pinson dans « L’histoire d’Adèle H » dont Adjani est amoureuse, c’est lui). Le film est vite trop long, trop ennuyeux. Dommage : dans les 40 dernières minutes apparaît John Malkovich en flic bien décidé à coincer coûte que coûte Berlin et là, sa composition savoureuse réveille un peu le spectateur. Il n'est pas là du tout pour enquêter sur le tueur mais pour faire tomber Berlin. Mais il ne nous réveille qu'un peu seulement et c’est trop tard. Encore un film qui n’a pas si bien vieilli que ça. Dommage.