L'aventure de Jeremiah Johnson est peu banale et trouve en Sydney Pollack un conteur inspiré.
Jeremiah a quitté la ville et son passé et s'est improvisé chasseur "en haut", dans les montagnes Rocheuses. Progressivement, il s'initie aux lois de la nature et à ses habitants, quelques trappeurs solitaires et des indiens sur ce territoire qui est le dernier fief de leur indépendance. La nature que filme Pollack est rude, hostile, et la cohabitation avec les Indiens peut s'avérer problématique... C'est un retour à la vie primitive, où chaque jour est une lutte pour la survie, que décrit le cinéaste.
Cette thématique n'est pas tout. La mise en scène est remarquable, où chaque incident, spectaculaire ou non, reflète un constant souci d'authenticité. Réalisme humain et réalisme de l'action, en parfaite osmose avec la nature superbe, prégnante. De sorte que l'action dramatique prend un relief bien plus fascinant et poignant que le commun des films d'aventures.
Le scénario est dense, d'une grande richesse, dans lequel on ne sent jamais la complaisance ou l'artifice en matière de violence ou d'émotion. D'une rencontre à l'autre, Jeremiah Johnson, le chasseur solitaire, construit sa légende et Pollack une belle parabole sur le retour aux sources de l'Humanité.