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le 23 juin 2026
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Jim Queen se veut une anomalie dans le paysage cinématographique actuel. Sauf que les auteurs n'ont manifestement pas le niveau pour un long-métrage de cinéma. Pourtant, les retours sont souvent...
Jim Queen, c’est un long métrage français sorti du studio BobbyPills, auteur des mémorables Monsieur Flap ou Peepoodoo .
C’est donc un studio d’animation pour adultes, assumé.
Le pitch : à Paris, 2 hommes que tout sépare vont se retrouver emportés dans une folle aventure, pour tenter de sauver les homosexuels d’un mal mystérieux.
Ok, ça fait plutôt bizarre comme argument.
D’un côté, on a Jim Parfait, gay accro à la salle de musculation, un peu con, égocentrique, influenceur, icône des salles de sport, et roi des podiums en boites de nuit. De l’autre côté, on a Lucien, jeune homme maigrichon, gay également, mais ultracouvé par sa politicienne de mère, qui fait tout pour le retenir à la maison. Lui rêve du grand amour et de Jim Parfait. Ces deux là vont donc se retrouver embringués dans une épopée chaotique et colorée pour tenter de lutter contre un mal mystérieux qui rend les gays hétérosexuels : l’Hétérose.
Fruit d’une rencontre entre les scénaristes Simon Balteaux et Brice Chevillard avec le Studio Bobbypills, ce film aura nécessité 8 ans de travail pour se faire. Le coup de pouce final sera fourni avec une campagne de financement Ulule.
Comme une apothéose, le film a été projeté en seance de minuit le 17 mai 2026 au festival de Cannes
Simon Balteaux, le coscénariste est gay. Il a côtoyé un peu tous les milieux gays de la capitale, et sait de quoi il parle. Et justement, il voulait parler de tout cet univers si peu représenté au cinéma.
C’est une exploration pour partir à la découverte du milieu gay, et toutes ses spécificités, en même temps que Lucien. Il sera d’ailleurs guidé dans ses premiers pas par une drag queen bien particulière, Glamydia.
On découvre en vrac :
Clairement, Lucien est une princesse Disney, enfermée dans sa tour, interdite de sortir danser. Les références à la petites sirène sont hilarantes (Parce qu'en plus, ça chante). On retrouve énormément de références, que ce soit Le diable s’habille en Prada, les animés avec des héros aux super attaques à la DBZ, Sixième sens, Akira où même la pandémie de COVID…
La stigmatisation des hommes contaminés par l’hétérose est une évocation directe des années SIDA, et ne laisse pas indifférent. C’est un petit rappel de ce qu’est la sérophobie, qui persiste, d’ailleurs
Pareil, les séquences des thérapies de conversion créent un malaise bien naturel
En revanche, le message de bienveillance et de solidarité entre les communautés fait chaud au coeur, même si, comme Glamydia le dit elle-même, ce n’est pas trop LGBTQIA+ comme représentation, c’est surtout le G, que l’on voit à l’écran.
Glamydia justement, n’est pas une drag queen ordinaire, c’est une Soeur de la Perpétuelle Indulgence, un ordre agnostique, pauvre et dérisoire de folles radicales, luttant contre les discriminations, promouvant la joie, le devoir de mémoire, entre autre. Et elle joue son rôle à merveille et parvient à créer un très beau moment au Rosa Bonheur. Plus précisement, elle ressemble à une Soeur du Couvent de Paris, fondé en 1990. Les Soeurs lyonnaises étaient d’ailleurs présentes à l’avant-première du 10 juin 2026 au Pathé Lyon Bellecour, avec le scénariste Simon Balteaux, et le comédien doublant Lucien, Jeremy Gillet. Dans ces conditions exceptionnelles, les applaudissements ont été présents toute la séance.
Très drôle, avec beaucoup d’audace, et du mauvais goût assumé, Jim Queen fait plaisir à voir. Avec une actualité nationale, et internationale montrant combien les droits des personnes LGBTQI+ sont menacés, ce film fait du bien (un mort suite à une agression homophobe en France juste la semaine précédent la projection, pour rappel)
Critique rédigée le 11 juin 2026
Créée
le 12 juin 2026
Critique lue 116 fois
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