Jim Queen se veut une anomalie dans le paysage cinématographique actuel.

Sauf que les auteurs n'ont manifestement pas le niveau pour un long-métrage de cinéma.

Pourtant, les retours sont souvent dithyrambiques. A se demander si j'ai bien vu le même film.

La salle était bien chaude en tout cas. Notamment, à côté de moi, se tenait une femme au rire sonore et gras qui m'empêchait parfois d'entendre une réplique. Pas grave, je ne crois pas avoir loupé grand chose.

Ouais, c'est drôle. Vite fait. En épisodes de cinq minutes sur youtube, ça passerait bien. Mais en long-métrage? Cela fait ressortir des faiblesses bien trop problématiques!


"Ah ouais, mais BigDino, t'as rien compris, c'est subversif, c'est pour ça?"


Subversif? Je crois effectivement que les auteurs essaient très fort. Mais il ne suffit pas d'une intention, malheureusement pour eux! Subversif, parce que cela parle de sexe queer? C'est la subversion d'un enfant de cinq ans qui découvre que les adultes sont fâchés quand il prononce le mot "cul", alors il le replace le plus souvent possible. Ce n'est pas tellement qu'il trouve ça drôle, mais vu la réaction qu'il obtient, c'est que le mot doit avoir un certain pouvoir, non? Bon ben là, c'est pareil : les dessinateurs nous abreuvent de dessins de fesses, d'objets en caoutchoucs ou bien d'aspect phallique, et c'est censé... être drôle.

D'ailleurs, à en croire la salle, ça l'était. Faut croire que le BigDino, il a pas le sens de l'humour.


" Et en plus, BigDino, le plus important c'est que c'est un hymne à la différence, tu vois,"


Ben non, justement, je ne vois pas. C'est là que l'on peut créditer la seule bonne idée du film, et si une idée suffisait, cela se saurait : l'idée de renverser l'allégation comme quoi l'homosexualité est une maladie, en remplaçant par l'hétérose, une terrible épidémie transformant nos homosexuels en hétérosexuels amateurs de football.

Non, je ne plaisante pas, le truc du foot revient au moins quatre fois. Comme, à part la méchante de l'histoire, on ne voit pas d'hétéros, voici tout ce qu'on aura : l'hétéro, c'est le beauf du PMU rivé à son match. Faut dire qu'avec la coupe du monde actuelle, on pouvait pas faire plus racoleur.

Sauf que là je me demande bien qui est le plus beauf dans l'histoire. Là c'est pas l'hétérosexualité qui est stigmatisée, c'est le mépris du bobo parisien pour le prolo pilier de bar.

Ajoutons à cela que le film se tient sur une théorie du complot, et on tient un candidat sérieux pour l'arnaque de l'année. Pour achever de s'en convaincre, je ferai un parallèle avec le premier Deadpool, que j'ai eu le malheur de voir, et en salle encore. Même rires gras d'un public trop acquis au discours pour avoir encore le moindre sens critique. Et les deux films partagent ceci, qu'ils empruntent, par manque d'imagination sans doute, la forme même qu'ils sont supposés moquer.

Ah oui, belle subversion, en vérité.

En sortant de la séance, je ne pensais que ceci : "Vous vous foutez de moi, ou quoi?".

En résumé, Jim Queen n'est pas un film subversif : c'est le film de bobos (oh je déteste ce terme, mais franchement, il est bien à sa place là) qui se rêve tels. Et qui font preuve de plus de beauferie que ceux dont ils veulent rire.

Des bobeaufs.

BigDino
2
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste 2026 en films

Créée

le 23 juin 2026

Critique lue 3.1K fois

Jim Queen

Jim Queen

2

BigDino

le 23 juin 2026

Suivre

bobof

Jim Queen se veut une anomalie dans le paysage cinématographique actuel. Sauf que les auteurs n'ont manifestement pas le niveau pour un long-métrage de cinéma. Pourtant, les retours sont souvent...

Jim Queen

Jim Queen

8

Sergent_Pepper

le 6 juil. 2026

Suivre

Le gay savoir

Le cinéma se vit en salle : le petit phénomène autour de la première projection de Jim Queen en séance de minuit lors du dernier Festival de Cannes en témoigne. Euphorique, délirant, trash et camp,...

Jim Queen

Jim Queen

9

cadreum

le 4 juin 2026

Suivre

Le gros banger

Dans le paysage de l'animation mondiale, la représentation gay reste une affaire de marges - clins d'œil périphériques, personnages secondaires tolérés, ou dans les meilleurs cas, une inclusion sans...

Eyes Wide Shut

Eyes Wide Shut

10

BigDino

le 29 mai 2026

Suivre

Stanley lubrique

Je l'avais vu trop tôt, c'est certain, et donc je n'avais pas vu l'intérêt d'un truc pareil. Dans ma mémoire la scène centrale avait fini par prendre toute la place, c'est dire le souvenir que j'en...

Le Capitaine Fracasse

Le Capitaine Fracasse

9

BigDino

le 1 août 2026

Suivre

pièce de théâtre en roman

Le Capitaine Fracasse a tout de l'exercice de style. Nous y entrons par le biais de descriptions de plusieurs pages, et donc d'une intrigue qui prend son temps, avant de se ramasser lorsque nos...

Ben-Hur

Ben-Hur

10

BigDino

le 31 déc. 2025

Suivre

la tuile

J'avais déjà vu Ben-Hur deux fois, mais cela remonte à l'adolescence. J'avais en mémoire un bon peplum. Aujourd'hui, je revois un film complètement différent. Un chef-d'oeuvre. Pas forcément pour son...