Jim Queen
7.5
Jim Queen

Long-métrage d'animation de Marco Nguyen et Nicolas Athané (2026)

Autopsie d'une communauté [L]G[BTQIA+]

Suivant un bouche à oreille incroyablement positif et divers (même mon daron plus qu'hétéronormé, dites vous), je ne pouvais que prendre du temps pour soutenir un film d'animation au sujet iconoclaste et issu d'un financement participatif.


Et c'est sans regret. Ou si peu.


La plongée dans l'univers de la communauté queer masculine parisienne est franchement impressionnante. Et le film réussit l'exploit de mêler humour percutant à un nombre affolant de références (des lieux de cruising gay aux différentes sous-communautés); permettant de fait à chacun d'y trouver son compte.


Les créateurs de cet univers ont habilement réussi à lier la patte des Kassos (animation et humour qui part vite) à une parodie de crise du SIDA qui terrorise une communauté marginalisée sans espoir de soutien de la part des autorités. Et du coup, tout y passe : la panique dans les hôpitaux, la ministre de la santé qui regarde ailleurs et la présence des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence.


Les créateurs savent de quoi ils parlent. Et franchement, ça fait plaisir.


Mais le film a aussi l'énorme avantage de ne pas se prendre au sérieux. C'est intense, sexualisé et juste trash comme on aime. Et sur-tout, le film ne décélère pas. On reste bien trash jusqu'à la conclusion. Et on valide.


Les personnages sont attachants, amenant à un développement naturel et pas trop tirés par les cheveux. L'esthétique générale et et l'accompagnement musical, notamment les chansons écrites pour l'occasion de ce film, traduisent un investissement artistique qui se ressent tout au long de l'oeuvre. A l'heure où cette critique est publiée, le film a déjà dépassé les 200 000 spectateurs malgré sa faible distribution sur le territoire. C'est dire la motivation du public.


Juste histoire d'être woke pour justifier qu'on râle un petit coup (nous sommes français après tout), si l'univers venait à se développer, peut-être gagnerait il à laisser de la place à plus de diversités queer, au de-là des hommes gays. Qui sait ? Mêler à un humour aussi efficace, on peut sûrement arriver à quelques jolies scènes ?

BlackHornet
7
Écrit par

Créée

le 8 juil. 2026

Critique lue 22 fois

BlackHornet

Écrit par

Critique lue 22 fois

2

D'autres avis sur Jim Queen

Jim Queen

Jim Queen

2

BigDino

le 23 juin 2026

Suivre

bobof

Jim Queen se veut une anomalie dans le paysage cinématographique actuel. Sauf que les auteurs n'ont manifestement pas le niveau pour un long-métrage de cinéma. Pourtant, les retours sont souvent...

Jim Queen

Jim Queen

8

Sergent_Pepper

le 6 juil. 2026

Suivre

Le gay savoir

Le cinéma se vit en salle : le petit phénomène autour de la première projection de Jim Queen en séance de minuit lors du dernier Festival de Cannes en témoigne. Euphorique, délirant, trash et camp,...

Jim Queen

Jim Queen

9

cadreum

le 4 juin 2026

Suivre

Le gros banger

Dans le paysage de l'animation mondiale, la représentation gay reste une affaire de marges - clins d'œil périphériques, personnages secondaires tolérés, ou dans les meilleurs cas, une inclusion sans...

Du même critique

Burning

Burning

5

BlackHornet

le 17 sept. 2018

Suivre

Génie ou vide de sens ?

Telle est la question. Clairement, on a l'impression de regarder un travail inachevé. Comme si la réflexion se cassait la figure au milieu du film; le reste étant une nébuleuse anarchico-masturbative...

Venom

Venom

3

BlackHornet

le 11 oct. 2018

Suivre

Venom, le coach qu'il vous faut (pas)

Disons le tout de suite : inutile de se payer un abonnement Meetic et d'écumer les profils. Le plus simple est de s'offrir un symbiote. Le modèle Venom est joignable 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24...

La Cravate

La Cravate

7

BlackHornet

le 9 févr. 2020

Suivre

- « Es ce que je suis un connard ? » Probablement pas…

Même si mes quelques amis antifa ne seront pas d’accord avec moi… Ces derniers jours, j’ai beaucoup hésité à aller voir ce film – documentaire. Enième diatribe contre les méchants du FN, ou...