Et pour ce soir :
John Wick Parabellum, 2019, de Chad Stahelski, avec Keanu Reeves dans le rôle de l’increvable John Wick.
Synopsis aiguisé : Après avoir rompu la règle sacrée du "on ne tue pas dans un lieu sacré comme le Continental", John Wick n’a qu’une heure avant d’être excommunié, avec un contrat sur sa tête pour 14 millions de dollars. La course est fort rude et les alliées sont fort peu nombreux. La seule idée de John est donc d’essayer de discuter avec celui tout au-dessus de cette histoire, le chef de la Grande Table. Bon, bien sûr, avant cela, il va tuer masse de monde, parce que c’est pas le Baba Yaga pour rien !
Autant vous dire que j’étais méchamment hypé par ce John Wick 3, après un premier franchement sympathique et un second au-dessus de tout, allant jusqu’à commencer à redéfinir le film d’action. Et du coup, l’annonce du 3 m’a fait bondir tellement j’attendais de voir la conclusion de cette histoire, vu que ce troisième épisode promettait d’être une conclusion dans le sang. Les premières images et les bandes annonces ont accrue ma hype et enfin, ce soir, j’ai vu LE film que j’attendais de l’année. Verdict ?
Eh bien, je suis ressorti un peu déçu du cinéma. Ne vous méprenez pas, ce n’était pas mauvais, loin de là. Mais le défaut de toute overhype est que les chances d’être déçus sont fortes. Et là, ce John Wick 3 n’arrive malheureusement pas à atteindre le niveau du 2ème épisode. L’effet de surprise n’est plus autant là, la beauté des décors, quoique toujours de mise, n’impressionne plus autant (mais reste quand même bien au-dessus des productions actuelles), le rythme est devenu un poil trop long (notamment ce combat final qui est un peu abusé vu que ces présentoirs en verres sont vachement fragiles…), notamment dans les scènes de combats et de gunfights, et même le côté gun porn n’est plus autant appuyé.
Il faut cependant nuancer les propos. Déjà, la lumière et la photo restent vraiment d’excellente qualité. Les chorégraphies sont toujours vraiment bonnes, la violence franchie d’ailleurs un palier supplémentaire car j’en ai été à une scène à tourner les yeux (ahah, quand on pense à ladite scène, parler de tourner les yeux est cocasse) et l’impact global des coups est vraiment marqué, l’illusion qu’ils se frappent aussi violemment qu’ils le peuvent est … frappante pour le coup ! D’ailleurs, un joli clin d’œil au Bon, la Brute et le Truand se trouve assez tôt au début du film, ce qui ne pouvait que plaire à mon côté gros fan de Western Spaghetti. Citons également un très fort second degré qui fait que le film est hilarant et assume totalement cet aspect, notamment avec la violence parfois grand-guignolesque (moins gore que Tarantino tout de même) des affrontements. Je soupçonne aussi un petit clin d’œil à Old Boy avec le dernier quart du film et l’usage de la saison Hiver des Quatre Saisons de Vivaldi. Et puis Keanu Reeves tient encore largement le coup malgré la cinquantaine bien là (et on sent qu’il se donne à fond, notamment vu son entraînement aux armes à feux et au CQC). Face à lui, un Mark Dacascos que je n’ai pas reconnu sur le moment qui, à un moment du film, m’a semblé être une allégorie du fan du personnage assez marrant. Il est d’ailleurs très bon dans ce rôle tout en acrobatie et on sent la dangerosité du type.
Mais encore une fois, ce troisième épisode fait un choix final qui déçoit à mes yeux, quand le second créait une annonce vraiment intéressante. Il faut d’ailleurs noter que cet épisode donne une part assez importante aux autres personnages et au lore de l’univers travaillé derrière, je crains tout de même un essoufflement de la méthode, surtout parce que certaines scènes de combat (la fin surtout) sont trop longues et m’ont fait dire « bon, ok, on a compris, c’est bon… ».
Reste que ce John Wick Parabellum reste globalement dans le top tiers des films d’actions d’aujourd’hui, et ça, c’est déjà un exploit ! 7/10