Joker
4.7
Joker

Film de Simon West (2015)

L’avantage d’un bon coup de fourchette

C’est muni de ma carte d’adhésion au « Tatane biatch club » que j’ai lancé Joker, la dernière représentation en savate artistique du copain Jason, que j’avais quitté sur une note mitigée mais honnête : Homefront que je dois être l’un des seuls à avoir —relativement— apprécié (fan jusqu’à la mort, et puis Jason avec une casquette, trop badass). Sans autre exigence que celle de voir des dents voler, des coudes se briser, des genoux se plier dans le mauvais sens, c’est avec le sourire que j’ai embarqué pour un petit tour à Vegas.


Aux manettes de ce clip de propagande contre les dangers du jeu, Simon West, un prodige du film d’action —ahem— qui a, entre autres, signé les Ailes de l’enfer (film de commando aérien avec Nico en chien fou condamné à buter des gens par réflexe) ou Le flingueur, une référence d’actionner moderne —ahem bis— avec l’ami Jason mais aussi The expandables 2 qui a su me filer le smile en salle (ui ui je sais). Inutile de dire que l'attente est à son comble au moment de lancer le film, la petite cuillère plantée dans le pot de glace à la vanille (miaaaam).


Après 20 minutes de tatane nerveuse bien convaincante et 1h10 de drame social poussif porté par un Jason qui n’est décidément pas à son aise pour jouer les mecs troublés – on peut pas être un foufou du coup de latte aérien et doué pour l’émotion, ce n’est pas com-pa-tible ! —, il y a deux façons de voir les choses. Où l’on se dit que, finalement, on en a eu pour son pognon, parce que quand Jason pète des nuques, c’est divertissant en diable, Simon West fait bien le taff, l’action est lisible et les molosses qui se font dérouiller prennent très —très— cher, où l’on se demande pourquoi les mecs qui mettent en scène Jason et ses coups de latte n’ont toujours pas compris que devant ce genre de film, on s’en fout royalement du background drama de compétition.


Il n’y a en effet que les fanboys du sanguin à la mâchoire fermée qui trouveront leur compte dans ce genre de bobine, les autres déchanteront à coup sur, tombant dans l’ennui devant une énième version de savatage pauvre en fight qui n’a rien à proposer d’autre que ses quelques fulgurances martiales. Du coup, si l’on n’aime pas le personnage du chauve nerveux au point de sourire naïvement quand il essaye de feindre l’émotion, il vaut mieux passer son chemin ; Simon West se prend trop au sérieux et implique Jason plus que de raison dans une trame narrative qui n’est finalement pas assez prétexte aux cassages de tronches, trop rares pour un film qui est censé ne reposer que sur ces derniers.

oso
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le 18 mai 2015

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oso

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