Joli Joli ne vaut pas davantage que ce qu’annonce son titre, soit une production « jolie jolie », comprenons sympathique mais sans plus, avec des partis pris esthétiques qui célèbrent l’artificialité et le tournage en studio de façon autotélique, sans réflexion sur le divertissement, son monde ou son industrie, sans audace sinon celle de n’en avoir aucune. La mise en abyme du tournage en studio amuse un temps, hommage sincère et parfois touchant rendu au septième art redoublé par l’énumération de références aux classiques du cinéma des années 70, qu’ils soient français, italiens ou américains. La longueur excessive de cette comédie musicale, le nombre important de couples que le scénario, avec une certaine habileté, déconstruit et réorganise deux heures durant, l’enchaînement mécanique des saynètes chantées… tout cela conduit à perdre de vue Clara Luciani et l’empêche de se transformer en muse alors même qu’elle constitue le centre de gravité du récit. La beauté des chansons et l’intelligence des textes d’Alex Beaupain rattrapent néanmoins ces défauts, consacrent José Garcia excellent acteur mélodramatique ; à ce titre, la chanson « Pour qu’elle m’aime » émeut profondément. Une demi-réussite.