Toujours prompt à péter son image de petit sorcier à lunettes, Daniel Radcliffe embarque en 2016 dans un survival tiré d'un récit autobiographique narrant la péripétie de l'aventurier israélien Yossi Ghinsberg en 1981 dans les méandres de la flore amazonienne. Laissé à l'abandon, lui et deux autres bougres, par un guide énigmatique, notre héros va devoir forcément improviser pour survivre dans la jungle hostile, les pieds rongés par des sores et la santé dégradante.
Mis en scène par l'Australien Greg McLean, habitué au genre horrifique depuis Wolf Creek, sa suite et le sympathique Solitaire, le film ne propose pas grand chose de neuf quant au genre et ne surprendra personne ayant déjà vu Rescue Dawn ou encore Into the Wild dont Jungle emprunte ô combien d'éléments, des hallucinations obligatoires à la perte de poids de Radcliffe pour le rôle, perdant pour l'occasion près de 6 kilos (loin derrière les 24kg de Bale pour le film de Werner Herzog donc).
Longuet, pas vraiment exaltant et extrêmement rébarbatif dans sa deuxième moitié, le long-métrage n'arrive jamais à émouvoir, à faire frissonner, à rendre palpable ce calvaire dans l'enfer vert. Souhaitant à tout prix proposer une prestation mémorable, Daniel Radcliffe n'arrive pourtant pas à nous impressionner en dressant son plus triste regard et en hurlant à tout va. Souhaitant à tout prix rester au plus près de son personnage perdu et désemparé, Greg McLean n'arrive pourtant pas à rythmer son film ni à le rendre poignant. Tout au plus réussi à certains moments (le passage dans les rapides, première et deuxième parties), Jungle ne restera hélas pas dans les mémoires.