Jungle Cruise
2021 | 2h 7min | vu sur Disney+ | le 8/01/2026
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Présentation :
Jungle Cruise est un film dâaventures amĂ©ricain rĂ©alisĂ© par Jaume Collet-Serra et sorti en 2021. Il sâagit de lâadaptation de Jungle Cruise, lâune des plus anciennes attractions des parcs Disney.
Ce que jâen pense :
Rattrapage pour ce film que jâavais envie de voir, sans ĂȘtre pressĂ©.
Autant commencer par ce qui est dĂ©plaisant et finir par lâagrĂ©able.
Trop de CGI. Ce film est truffĂ© de virtualitĂ©, ce qui amoindrit considĂ©rablement lâimplication que lâon peut avoir face aux Ă©vĂ©nements. En dehors de quelques scĂšnes, je nâai jamais rĂ©ussi Ă croire Ă ce que je voyais tant la jungle est une bouillie numĂ©rique. Le problĂšme, ce nâest pas tant le choix artistique (ou non) de tout faire en CGI, câest surtout que la photo et la lumiĂšre font artificielles en permanence. Jamais je nâai ressenti lâambiance de la jungle. Câest peu dire quand on est face Ă un film dont le protagoniste central est la jungle elle-mĂȘme.
Ce film aurait mĂ©ritĂ© davantage de sĂ©quences en dĂ©cors naturels pour donner du corps, de la chair, de la texture, du sensoriel, de la matiĂšre, de la poussiĂšre, de la sueur, de lâhumiditĂ©, et tout le reste. Ne rien ressentir devant un film, câest une frustration.
LâintĂ©gralitĂ© des animaux est Ă©galement en CGI. Les oiseaux, on nây croit pas. Les insectes, pareil. Et le jaguar en animal de compagnie, ce nâest pas mieux. On est dans du Disney : il faut des nounours et des bonbons. Tout le monde il est gentil â mĂȘme les antagonistes â et surtout les animaux.
Bilan : câest le gros point faible du film. LâĂ©quilibre entre prises de vue rĂ©elles et images de synthĂšse nâest pas respectĂ©, et cela nuit directement Ă lâimmersion.
Je ne veux pas faire de comparaison directe, dans la mesure oĂč la qualitĂ© et les ambitions ne sont pas du tout les mĂȘmes, mais il est difficile de ne pas penser Ă Avatar, qui parvient bien mieux Ă installer une immersion sensorielle en full CGI⊠mĂȘme si le contexte est trĂšs diffĂ©rent.
Jungle Cruise, câest lâadaptation dâune attraction Disney, comme le fut Pirates des CaraĂŻbes en son temps. Nul doute que Disney a cherchĂ© Ă produire le lancement dâune nouvelle saga issue de son catalogue dâattractions et Ă espĂ©rer reproduire le succĂšs de Pirates des CaraĂŻbes.
Sauf que Pirates des CaraĂŻbes a plus de 20 ans, et lâĂ©quilibrage des effets visuels y est tellement maĂźtrisĂ© que la trilogie nâa pas pris une ride. Câest encore aujourdâhui une claque Ă revoirâŠ
Jungle Cruise nâa quâĂ peine cinq ans et ça pique les yeux tant lâimagerie fait artificielle. Le contraste avec certains standards visuels installĂ©s ces derniĂšres annĂ©es rend le tout encore plus visible.
Câest ainsi que lâon revient du dĂ©sagrĂ©able Ă lâagrĂ©able. MalgrĂ© mes reproches, Jungle Cruise nâest pas un mauvais film. Il bĂ©nĂ©ficie dâune narration dynamique, loin dâĂȘtre dĂ©plaisante. Lâaventure est bien lĂ , malgrĂ© lâartificialitĂ© visuelle.
Les films dâaventure en quĂȘte de trĂ©sors ou de citĂ©s perdues, câest purement ma came. Dommage que ce soit un genre qui ne soit pas toujours bien traitĂ©.
Autant le dire ou le rappeler : que ce soit en film ou en jeu vidéo, Indiana Jones, Lara Croft (Tomb Raider), Nathan Drake (Uncharted) sont des piliers à mes yeux. Et je ne vais pas tout lister ni développer ici.
Jungle Cruise profite dâune histoire passionnante et aurait clairement gagnĂ© Ă ĂȘtre portĂ©e par une mise en scĂšne plus authentique. La question nâest pas de rĂ©duire lâaspect fantastique du rĂ©cit, mais de le rendre vivant et crĂ©dible dans sa rĂ©alitĂ©.
En vĂ©ritĂ©, jâai vraiment aimĂ© le scĂ©nario. Le duo Emily Blunt / Dwayne Johnson est excellent. Les deux ont une vraie alchimie tout au long du rĂ©cit. Câest clairement le point fort du film. Jâadorerais voir Emily Blunt dans un film dâaventure en solo : elle serait parfaite en aventuriĂšre intrĂ©pide et maladroite.
Lâantagoniste est volontairement trĂšs marquĂ©, peut-ĂȘtre mĂȘme un peu trop, mais il sâinscrit pleinement dans lâesprit des serials dâaventure dâĂ©poque, dans la lignĂ©e de ce que George Lucas et Spielberg ont explorĂ© avec Indiana Jones.
Je pense quâon ne peut pas faire autrement que de comparer ce film Ă dâautres du genre tant il est nourri de rĂ©fĂ©rences.
Certains personnages et figures secondaires Ă©voquent dâailleurs des archĂ©types dĂ©jĂ bien connus du cinĂ©ma dâaventure, rappelant parfois lâimaginaire de Pirates des CaraĂŻbes, transposĂ© ici dans un autre dĂ©cor. Difficile de ne pas y voir une tentative de poser les bases dâun univers potentiellement dĂ©clinable.
La musique de James Newton Howard ne mâa pas dĂ©plu. Elle dĂ©livre un certain souffle Ă©pique et aventureux. Ă Ă©couter hors film, certes, mais durant le mĂ©trage, ça fonctionne trĂšs bien Ă lâĂ©cran.
Ainsi, Jungle Cruise a rĂ©ussi Ă me satisfaire avec une certaine fainĂ©antise dans ses choix de mise en scĂšne. Tout au long du film, jâavais envie de kiffer⊠mais non. Ces CGI mâont sorti de mon trip. On les voit trop. On ressent trop le fond vert omniprĂ©sent. Et ce nâest pas pour autant que je condamne la dĂ©marche : jâaime les effets spĂ©ciaux, quâils soient pratiques ou numĂ©riques. Il faut juste quâils soient bien finis, comme ça peut ĂȘtre le cas dans dâautres films.
Un dernier dĂ©tail : jâaime beaucoup lâaffiche du film. Câest tellement rare dâavoir de belles illustrations. Pour le coup, cette affiche « vintage », Ă lâancienne, participe Ă la satisfaction. Elle invite et incite rĂ©ellement Ă regarder le long mĂ©trage.
Jâai lu quâil y avait un projet de Jungle Cruise 2 avec le retour du duo⊠Pourquoi pas, mais jâavoue que je nâen attends absolument rien.
Conclusion :
Un film qui parvient in extremis Ă satisfaire, Ă condition dâĂȘtre indulgent face Ă sa surenchĂšre dâeffets numĂ©riques auxquels on ne croit jamais vraiment.