Un huis clos angoissant qui nous plonge dans une réalité aussi glaçante que crédible. Et si la France décidait de placer l’Ukraine sous sa protection nucléaire ? Et si la Russie ripostait par une frappe atomique ? Comment réagiraient alors le président français et les dirigeants européens ? C’est ce scénario vertigineux qu’imagine Alexandra Smia, avec une question en toile de fond : jusqu’où un chef d’État peut-il aller lorsqu’il doit prendre une décision dont les conséquences pourraient être irréversibles ?
Le film est flippant, tant la tension monte au fil des minutes. Côté casting, une belle brochette d’acteurs, avec Denis Ménochet au sommet. Après Karma, il confirme qu’il est en train de s’imposer durablement sur la scène française. Il est d’une justesse impressionnante, totalement habité par ce président de la République qui entend rester le seul maître à bord et assumer seul le poids de ses décisions.
On découvre les arcanes du pouvoir, les rapports de force et la difficulté de trancher lorsque chaque option peut entraîner des conséquences dramatiques. Pas besoin d’explosions ni de scènes spectaculaires : la tension psychologique suffit à nous tenir en haleine.
Un film utile, qui fait froid dans le dos et nous confronte à une réalité qu’on préférerait garder à distance. Quand la lumière se rallume, on reste bouche bée, presque sonné par cette fiction qui semble dangereusement plausible. Et c’est précisément là que réside sa force : nous faire réfléchir longtemps après la séance.
À voir absolument !
Vu en avant-première au festival Cinéroman de Nice.