Plusieurs moi après avoir écrit ce à quoi je m'attendais compte tenu des informations rares dont on disposait à l'époque, j'ai vu Jurassic World - Renaissance et il n'est pas aussi bon que ce à quoi je m'attendais. J'ai peut-être surestimé la capacité des scénaristes à se réinventer.
Jurassic World : Renaissance de Gareth Edwards promettait de raviver la flamme d’une franchise culte après l'échec de son prédécesseur, Jurassic World : Le monde d'après. Avec un casting prestigieux (Scarlett Johansson, Jonathan Bailey, Mahershala Ali) et le retour du scénariste des deux premiers opus, David Koepp, le septième film de la saga Jurassic Park tente de renouer avec l’émerveillement et la tension des débuts tout en explorant de nouveaux enjeux. Le tout est de savoir si le résultat est à la hauteur des attentes compte tenu des importants moyens dont le film a pu bénéficier.
Réalisation : Une Immersion Spectaculaire Mais Inégale
Gareth Edwards bénéficie d'une expérience certaine dans la manière de mettre en scène des monstres gigantesques en ayant réalisé Godzilla en 2014. Il sait mettre en scène des animaux gigantesques et les séquences mettant en scène les dinosaures sont magnifiques mais les effets spéciaux, supervisés par ILM, utilisés pour donner vie aux dinosaures concourent à leur donner un aspect artificiel, ce qui était déjà reproché à Jurassic World - Le monde d'après. Si la photographie de John Mathieson sublime les décors équatoriaux de l’île Saint-Hubert, la mise en scène ne parvient pas à capturer le point de vue des personnages face à l'environnement et face aux dinosaures ce qui était l'une des force du premier opus.
Scénario : Une Intrigue Recyclée
Le scénario de David Koepp place l’histoire cinq ans après les évènements qui se sont déroulés dans Le monde d'après. Une équipe composée d'experts dans des domaines très différents se rend sur une île, qui, jadis, a été un laboratoire, pour mener des recherches sur l'ADN de dinosaures créés artificiellement et cette équipe croise une famille naufragée. Cette intrigue peut faire penser à ce qui a déjà été vu dans la saga ce qui donne une intrigue dans l'esprit de la saga Jurassic Park, si bien dans l'esprit de la saga qu'elle a déjà été exploitée dans les autres volets de la saga. David Koepp maîtrise l'art hollywoodien ancestral du recyclage scénaristique.
Thèmatiques : Des Dilemmes Ethiques Bien Connus
Jurassic World : Renaissance renoue avec les enjeux éthiques originaux de la franchise en explorant l’ingénierie génétique et la responsabilité humaine face à la nature et à son exploitation. Ici, la quête d’un remède médical via l’ADN des dinosaures pose des questions pertinentes sur la science et le capitalisme, incarné par la société pharmaceutique Parker-Genix. Si ces enjeux éthiques ne sont pas originaux, il demeure qu'ils ont été correctement utilisés et sont bien intégrés à l'intrigue. Nous avions établi que David Koepp maîtrise l'art hollywoodien ancestral du recyclage scénaristique, nous découvrons qu'il maîtrise l'art du recyclage de ses thématiques.
Personnages : Une Équipe Charismatique
Scarlett Johansson incarne Zora et elle est crédible en mercenaire endurcie, tandis que Jonathan Bailey apporte une touche de charme et de vulnérabilité à son paléontologue. La dynamique entre eux, teintée de complicité romantique, est un des points forts du film. Mahershala Ali et Rupert Friend, malgré des rôles caricaturaux, parviennent à insuffler un peu de vie à leurs personnages. La distribution secondaire est plus difficile à évaluer dans la mesure où les personnages secondaires n'ont pas été développés - nous y reviendrons. Si l'intrigue dans laquelle évolue ces personnages n'est pas originale, si les enjeux auxquels ils sont confrontés ne sont pas originaux, force est de constater que la distribution a fait un travail remarquable.
Bande Originale : Un Hommage Nostalgique Très Réussi, Trop Réussi
La bande originale d’Alexandre Desplat revendique l'héritage musical de John Williams et, pour ce faire, elle intègre plus ou moins subtilement les thèmes iconiques de la composition que John Williams avait offert au premier opus de la saga. Ce parti pris renforce l'aspect nostalgique de la bande originale d'Alexandre Desplat et plonge le spectateur dans un environnement musical déjà connu. Pour autant, la composition d'Alexandre n'est pas une simple redite de la composition de John Williams et les thèmes qu'il a composé habillent très bien le film montrant le talent du compositeur. Choisir d'intégrer le thème le plus emblématique de la composition de John Williams, c'était prendre le risque d'être directement comparé à la Légende... J'ai trouvé la musique d'Alexandre Desplat agréable mais le thème qui me reste en mémoire, c'est celui de John Williams. Ça, c'est dommage.
Conclusion : Un Divertissement Solide, Mais Pas Révolutionnaire
Jurassic World : Renaissance réussit à livrer des frissons et des visuels spectaculaires, mais ne parvient pas à recapturer la magie du film original. Les scènes d’action, bien exécutées, et le casting charismatique compensent en partie un scénario prévisible et une surabondance de CGI. La première moitié, alourdie par des dialogues explicatifs, contraste avec une seconde partie plus rythmée. Le « Distortus Rex », bien que terrifiant et habilement présenté, symbolise le problème de la franchise : une obsession pour les hybrides au détriment des dinosaures classiques. Le film se veut un retour aux sources, mais ressemble davantage à un « remix » qu’à une véritable renaissance, un constat que je dressais déjà dans les précédents opus et qui ne cesse de se répéter.