Il fut un temps où entendre un simple battement sourd dans la jungle, suivi du rugissement d’un T-Rex, suffisait à faire vibrer une salle entière. Mais ce temps semble bien révolu. Jurassic World: Renaissance porte bien mal son nom : il n’y a rien ici d’une renaissance. Juste un long soupir d'une saga qui se meure. Un film qui avance mécaniquement, comme un automate usé, sans passion, sans énergie, sans âme. Une coquille vide d’ambition, recyclée jusqu’à l’os.
Dès les premières scènes, le malaise s’installe. On retrouve tous les éléments de la franchise — les dinosaures, les scientifiques curieux idéalisant les dinos, les militaires mercenaires, les enfants en danger — mais rien ne semble couler de source. Chaque moment spectaculaire semble forcé, chaque twist est téléphoné, chaque émotion attendue sonne creux. Le script s’acharne à réactiver la magie de Spielberg, mais c’est comme regarder un magicien fatigué rater ses propres tours.
Le T-Rex est encore là. Et encore. Et encore. Et ça ne fonctionne plus trop comme avant alors que cela reprend grosso merdo une séquence du livre d'origine, y'a un petit frisson mais guère plus malheureusement. On sent que le film essaie de se convaincre lui-même qu’il a encore quelque chose à dire, qu’il peut justifier son existence, mais le cœur n’y est pas. Pas un plan ne déclenche un vrai frisson même la scène "ils se déplacent en troupeau version 2025" qui en fait trop pour que cela soit sincère selon moi. Pas une scène ne donne cette fameuse sensation de "merveille" qui habitait le tout premier Jurassic Park. On nous agite des dinosaures comme on sortirait des jouets poussiéreux d’une vieille malle, en espérant qu’on ait encore envie de jouer.
La mise en scène est fonctionnelle, sans éclat et pour moi, c'était exactement le même problème avec son Godzilla -que j'avais détesté car il ne remplissait pas le contrat de base mais c'est une autre histoire-. Les scènes d’action sont montées avec l’efficacité d’un produit standardisé. Même les effets spéciaux, pourtant techniquement solides, peinent à impressionner tant le cadre est fade. Et puis il y a cette musique, ce thème iconique de John Williams, réutilisé ici comme un vernis désespéré. Mais un thème culte ne sauve pas des images creuses. Quand l’image ne raconte rien, la musique n’élève rien.
Côté casting, personne ne s’écroule, mais personne ne brille. Tous font de leur mieux avec des personnages réduits à des fonctions. Le scientifique brillant avec son petit coeur, la soldate qui a tout vécu, l’enfant qui comprend se connecte mieux la nature que les adultes (y'a pas de fusil de tchekhov d'ailleurs et pleins de développement n'amènent à rien) … tous ces archétypes qui n’ont plus rien à dire. Loin de l’alchimie fragile du premier opus ou même du charme naïf de Jurassic World (2015), on est ici face à une équipe qui coche des cases, sans conviction.
Conclusion :
Jurassic World Renaissance n’est ni un désastre absolu, ni un vrai renouveau. C’est un épisode de trop. Une preuve que parfois, il vaut mieux laisser un dinosaure s’éteindre que de le forcer à rugir encore, sans raison. En essayant de ressusciter une magie déjà bien morte, le film ne fait que la profaner un peu plus.
C’est regardable, oui. Mais ce n’est plus du cinéma à sensations. C’est un produit qui se regarde faire du bruit et dans cette jungle de CGI et de clichés, ce n’est plus la nature qui reprend ses droits. C’est juste la lassitude.
En espérant que les deux autres blocks de l'été hisseront un peu le niveau (Superman, les 4 Fantastiques,...) car tout cela est bien moyennasse...