(Critique avec divulgâchages donc à vos risques et périls)
Introduction
Né au milieu des années 90, j’ai grandi avec la trilogie originale Jurassic Park et j’étais si jeune lorsque j’ai vu les deux premiers volets que je ne me rappelle pas de cette découverte mais étant donné que j’étais (et suis toujours) un grand fan de dinosaures, je prenais mon pied devant et n’était pas si terrifié que ça (la sorcière de Blanche-Neige me faisait mille fois plus flipper que les prédateurs de JP). Ainsi, j’ai connu la sortie de JP3, la traversée du désert des années 2000 et début 2010, puis enfin la saga Jurassic World.
Lorsque Jurassic World premier du nom sortit en salles, j’avais adoré avant de réaliser suite à d’autres visionnages et au développement progressif de ma culture cinématographique que le film m’avait dupé avec sa nostalgie (en me faisant aimer Jurassic World pour ce que Jurassic Park était et non pour ce qu’il était lui-même, soit un spectre fade se contentant d’imiter son modèle malgré quelques idées potentiellement intéressantes mais amenées de façon bancale). Vinrent les suites et là où je n’avais pas détesté Fallen Kingdom malgré son écriture et des designs forts agaçants (heureusement que Juan Antonio Bayona était là pour ajouter un peu d’émotion et de visuels intéressants), Dominion marqua mon divorce avec la franchise Jurassic en raison de son fan-service surabondant tant qu’il en était écœurant, sa fadeur visuelle, son écriture aux fraises, et son scénario relevant plus de l’arnaque qu’autre chose (on ne parlera pas des séries animées que sont La Colo du Crétincé et La Théorie du Chaos qui, malgré quelques petits passages pas mauvais, n’apportent rien de consistant et sont fort dispensables pour un non-fan de la saga).
J’en avais tellement plus rien à faire de la saga que l’annonce début 2024 d’un septième film Jurassic m’avait fait ni chaud ni froid, surtout avec David Leitch à la barre (j’ai apprécié les John Wick mais ce n’est pas le genre de réalisateurs que je veux pour du Jurassic), quand bien même David Koepp soit au scénario. Puis David Leitch s’est désisté et fut remplacé par Gareth Edwards, dont j’apprécie assez les films sans les considérer pour autant comme des chefs d’œuvre (des manques dans l’écriture des personnages peine à les rendre pleinement attachants et à nous faire ressentir de vrais trucs pour eux), ce qui m’a fait intéresser au projet. J’ai donc suivit les diverses news, le tournage et compagnie, attendu les bandes annonces avec même une certaine impatience et celles-ci m’ont fait dire « Ok. C’est dommage qu’on revienne sur une île tropicale mais ça à l’air visuellement plus intéressant que la dernière trilogie. ». C’était comme constater que son ex-femme semblait avoir un peu changé dans le bons sens et la séance de visionnage au cinéma fut comme la revoir au cours d’un simple rendez-vous. Si ce dernier se passait bien, tant mieux, et si il s’avérait décevant, ce serait fort regrettable mais j’en serais pas chamboulé pour autant, la vie continuerait et je trouverais mon bonheur ailleurs.
Alors quel est le verdict ? Disséquons le film aspect par aspect.
I/ Visuels
C’est indéniable, Jurassic World : Renaissance est plus agréable à regarder que les autres Jurassic World, oui même Fallen Kingdom inclus malgré ses sursauts. On retourne à une photographie un peu plus naturelle, on a de beaux plans larges mettant en valeur les environnements et les animaux, d’autres crépusculaires plutôt jolis (tel que celui où on a l’Essex passant devant les formations rocheuses, ou encore le passage où le canot des Delgados traverse la forêt squelettique inondée juste avant le complexe d’InGen). On a quelques fonds verts qui picotent un peu (en particulier lors de la scène de descente en rappel durant l’arc du Quetzalcoatlus) mais en soit ce n’est pas ce qui m’a le plus dérangé.
Les décors naturels thaïlandais sont aussi fort appréciables et l’aspect déchiqueté quasi Skull Islandesque de l’île Saint-Hubert (située près de la Guyane Française. InGen a eu la bonne idée d’aller chier devant notre porte avec son complexe) aide à lui donner une identité visuelle propre comparé à Nublar et Sorna, et on est enfin de retour dans une vraie jungle vivante (celle de JP3 puait le studio par moments tandis que celle de JW et FK, quand bien même les scènes aient été tournées à Hawaii, n’était qu’un décor traversé par nos personnages plutôt qu’une entité à part entière ralentissant leur progression avec des rochers ça et là, des portions plus denses que d’autres, un terrain traître…).
II/ Histoire
L’histoire est pour moi le gros point noir du film. Non pas qu’elle soit fondamentalement mauvaise en soit, comparable selon moi à une de série B des années 50 à 70, mais fainéante et rétrograde pouvant être qualifiée de sous TLW ou de JP3 bis.
Aussi merdique la trilogie Jurassic World fut-elle dans son ensemble, elle avait malgré tout quelques bonnes idées, tel qu’amener les dinosaures sur les continents, même si ce fut fait de façon très maladroite. Je m’étais plein du contexte improbable de JWD à l’époque mais ce qui est fait est fait, et il aurait fallu s’en servir de point de départ pour cette nouvelle histoire plutôt que tout balayer pour revenir sur une énième île tropicale abritant un complexe d’InGen sortit du chapeau d’Universal, surtout que si ils tenaient absolument à faire une aventure tropicale tournant autour de la quête des ADNs des plus grands animaux, ça aurait pu se passer dans une région reculée sur le continent en Amérique Latine, Afrique ou Asie tandis que le complexe d’InGen aurait pu être remplacé un village ou un complexe quelconque. Vous me demanderez « Mais qu’en serait-il des Mutants ? » mais le truc c’est que je les trouve pas utile au scénario. J’y reviendrais.
III/ Personnages
Etant donné que les personnages n’étaient ni le point fort des volets précédents, ni celui des films d’Edwards, il était légitime d’avoir quelques craintes bien que c’était la responsabilité de Koepp ici (dont j’ai jamais trop eu à me plaindre des persos sur JP et TLW), ce qui atténuait ces dernières. Alors bien que les persos de JWR ne soient pas mauvais en soit, ils sont pour la plupart un peu basiques, dans la lignée des personnages de JP3 et de certains secondaires de TLW.
Commençons par celui de Scarlett Johansson, la mercenaire Zora Benett. Bien qu’elle se fond mieux dans l’univers que Chris Pratt (dans le sens où on ne voit pas l’actrice mais son personnage, qu’on l’aime ou non), je la trouve en deçà par rapport à ses deux autres co-stars que sont Mahershala Ali et Jonathan Bailey (quand bien même elle se prétende être une grande fan de la saga, j’ai l’impression qu’elle ne s’est pas donnée à fond dans son jeu), et ses tentatives d’approfondissement (la mention de son camarade tué au Yémen, le fait qu’elle n’ait pu assister aux funérailles de sa mère) ne font pas mouche. On suggère qu’elle est un peu chamboulée par ces dernières tragédies mais pour autant, la mort des différents membres d’équipage de l’Essex ne semble pas l’impacter plus que ça alors qu’elle semble les connaître (surtout qu’à côté, Duncan Kincaid l’est et à juste titre). Et malgré son petit arc idéologique (elle commence comme une mercenaire en quête d’argent, et finit l’histoire en renonçant à l’opportunité d’obtenir de quoi finir sa vie tranquille), son perso de femme d’action est assez lambda comparé à d’autres similaires qu’on peut voir dans le monde du jeu-vidéo (Lara Croft dans les premiers Tomb Raider, Chloe Frazer dans Uncharted…).
Concernant Duncan Kincaid, je n’ai pas grand-chose à dire car Mahershala Ali fait bien le boulot avec son charisme naturel mais il aurait pu trôner aux côtés des « gros bras » emblématiques de la saga que sont Muldoon et Tembo avec un petit plus de développement et surtout une scène de sacrifice qui aurait été jusqu’au bout.
Pour le paléontologue Henry Loomis, ça fait du bien d’avoir à nouveau un scientifique parmi les protagonistes et son enthousiasme de « fanboy » lorsqu’il est présence de dinosaures et ce même au sein de scènes tendues tel qu’avec le Mosasaure et les Spinosaures est contagieux mais il est hélas un peu tiré vers le bas par quelques conneries qu’il débecte (les « dinosaures de type eau, aviaire » comme si c’était des Pokémons, le Titanosaure et son poids de 11 tonnes probablement copié bêtement sur la page wikipedia de Titanosaurus alors que l’animal dépeint dans le film est probablement un Puertasaurus ou autre espèce comparable avec un poids dépassant facile les 60 tonnes minimum, l’oxygène qui est soit disant plus concentré aux tropiques alors qu’il est homogène partout sur Terre…). Parce que sinon, Loomis fait le café en tant que simili Daniel Jackson devant jouer les Indiana Jones et je serais loin d’être opposé à son retour (ainsi que celui de Kincaid et Benett) dans une éventuelle suite.
Les Delgados, sans être exceptionnels, étaient corrects pour des personnages de « simples civils » dans la franchise Jurassic. Pour les situer par rapport à des personnages comparables des autres volets, ils sont mieux que les Frères Mitchells de JW, Amanda Kirby de JP3 (je sais que beaucoup le critiquent mais moi je l’aime bien Eric Kirby tandis que Paul a une évolution sympa), et Maisie de FK. Bon par contre Dolorès l’Aquilops n’a servi que de caution mignognitude juste bonne à vendre des jouets (alors qu’une scenette en fin de film avec la gamine ayant un début de rhume ou que sais-je suivie d’un plan sur l’Aquilops aurait suggéré que cette bestiole était porteuse d’une maladie, ce qui aurait non seulement justifié sa présence sur cette île des indésirables mais aussi ouvert une porte pour la suite).
Pour finir avec les personnages principaux, Martin Krebs est plus ou moins le Lewis Dodgson du roman Le Monde Perdu dans le sens où il est l’agent d’une multinationale en charge d’une mission clandestine sur une île à dinosaures où le but est de prélever des échantillons. Je l’ai trouvé un peu quelconque en tant qu’antagoniste, bien qu’il aurait davantage mérité le nom de Dodgson que l’imposteur sénile qu’on a vu dans JWD.
Quant à l’équipage de l’Essex (Atwater, Nina, et Leclerc), ils sont comparables au trio de mercenaires de JP3, dans le sens où le film n’a pas réussi à nous attacher à deux d’entre eux avant qu’ils clamsent tandis que le troisième, seul parmi les protagonistes campés par des acteurs plutôt connus, a une épée de Damoclès sur la tête jusqu’à sa scène fatidique, rendant la chose prévisible. Le faible nombre de « T-shirts rouges » combiné au totem d’immunité dont sont pourvus les Delgados ainsi que le trio principal (du moins Zora Bennett et Henry Loomis, une scène de mort pour Duncan Kincaid ayant été prévue à l’origine), fait qu’il n’y a pas beaucoup de morts et qui bien qu’elles sont un peu plus punchy que celles ridicules de JWD et plus tragiques que celles de FK (où il n’y avait que des antagonistes ou des larbins qui crevaient), n’égalent pas celle de JP et TLW, et post échouage, la partie suivant l’expédition est un peu en mode promenade de santé jusqu’à la scène du Quetzalcoatlus. Avoir des membres d’équipage supplémentaires ou mêmes des équipes rivales (après tout, Krebs mentionne le fait qu’ils doivent agir au plus vite à cause des rivaux de Parker-Genix) aurait pu donner à l’ensemble un côté plus proche de King Kong ou de TLW, avec des scènes de tuerie cauchemardesques.
IV/ Bestiaire
Parlons des trois espèces autour desquelles tourne la quête de l’expédition :
— Le Mosasaure. Enfin le potentiel de l’animal a été un tant soit peu utilisé après avoir passé la majorité de son temps d’écran dans la trilogie Trevorrow a surgir hors de l’eau à la verticale mâchoires grandes ouvertes pour choper un truc (il n’y a que FK où sa mise en scène était un peu variée).
— Les Titanosaures. Je les ai bien aimé. Si on met de côté la longueur exagérée de leur queue en fouet (qui est plus une caractéristique de Diplodocide que de Titanosaure), on a probablement un des meilleurs sauropodes de la saga en termes de design et les couleurs et motifs en font celui qui me plait le plus visuellement (surtout comparé aux fades Apatosaures et Dreadnoughtus introduits dans la trilogie Trevorrow). Le seul bémol les concernant est qu’on encore relégué le sauropode dans le rôle du « Dino Merveilleux », ce qui au bout de sept films et de deux séries animées, commence à devenir pas mal redondant (surtout quand on ajoute par-dessus le thème original de John Williams en mode « Tu te souviens de l’introduction du Brachiosaure dans Jurassic Park premier du nom ? Tu te souviens de la réplique Ils se déplacent en troupeau… ? ». Avoir les Titanosaures se montrant agressifs après avoir été piqués par la seringue ou avoir nos personnages se retrouvant au milieu d'un combat entre un des Titanosaures et un grand prédateur aurait ajouté du peps et aider à distinguer l'espèce vis-à-vis de ses cousines en terme de rôle.
— Le Quetzalcoatlus. En tant qu’avocat de représentations plus proches de la réalité scientifique, j’ai un avis paradoxal sur l’animal. D’un côté, celui de JWD était plus fidèle aux représentations scientifiques actuelles (hormis le surdimensionnement) mais son utilisation dans le volet de Trevorrow était foireuse (Il attaque l’avion, fait quelques petits caméos en début et fin de film, prend son chèque, et se casse) là où celui de JWR est moins fidèle (l’espèce de carène sur le bec façon calao est une pure licence artistique, tout comme ses soit disant habitudes rupestres) mais j’aime assez ses couleurs (comme quoi, les couleurs peuvent parfois aider à faire passer la pilule concernant un design moyen anatomiquement parlant), est dépeint comme un animal et non un monstre, et est au cœur d’un des arcs du film. Cependant, j’avoue que j’aurais préféré le voir être dépeint comme une sorte de giga cigogne chassant dans les milieux ouverts (repérant ses proies depuis les airs avant de les attaquer au sol) plutôt qu’un calao XXL inféodé aux falaises.
Sinon, ça a fait du bien de retrouver un Tyrannosaure vraiment menaçant, fut-il pour une seule scène, après le pétard mouillé sacrificiel que fut celui de JP3 et le doudou que fut Roberta dans la trilogie JW est appréciable, même si la scène du canot est bien plus courte que l’originale du roman (dans le cas présent, le rex avait encore à bouffer sur le cadavre de Parasaurolophus. Il n’aurait pas eu d’intérêt à aller se faire mal en poursuivant de pauvres humains sur des lieues et des lieues).
Et bien que celui de JP3 avait des couleurs plus attrayantes, les nouveaux Spinosaures plus proches des représentations scientifiques actuelles étaient sympas malgré leur temps d’apparition au final assez court quand on pense à leur mise en avant lors de la promotion du film. Et j’aurais peut-être mis une autre espèce de Spinosauridae (le Baryonyx aurait eu grand besoin d’une refonte visuelle) ou autre dinosaure semi-aquatique plus petite à la place (suffisamment pour être capables d’aller à l’intérieur du bateau plutôt que de simplement s’accrocher au bord et choper quiconque à portée de leurs mâchoires).
Le film essaie également d’enrichir le bestiaire de la saga en ajoutant des amphibiens, une créature serpentiforme dans les marais, des petits ptérosaures tel qu’Anurognathus, et même un Dunkleosteus et c’est appréciable même si la suggestion qu’il y ait des Mégalodons vivants quelque part dans l’univers de Jurassic Park me dérange car le Mésozoïque avait suffisamment de monstres marins emblématiques (Pliosaures, Elasmosauridés, Ichthyosaures géants du Trias, Xiphactinus…) que j’estimerais prioritaire par rapport au célèbre requin géant du Mio-Pliocène, surtout qu’il a déjà sa franchise chez Warner en face. Par contre le film manque cruellement d’herbivores car hormis les Titanosaures et Dolorès l’Aquilops, les seuls herbivores sont le Parasaurolophus (sous forme de cadavre), l’Ankylosaurus (un simple caméo de deux secondes), et l’Apatosaurus (lui aussi un simple caméo, en début de film). Je suis conscient que l’Ile Saint-Hubert n’est pas forcément supposé avoir un écosystème bien équilibré mais ça fait bizarre quand on compare aux autres films qui avaient un minimum de variété parmi les herbivores mis en avant.
Enfin, concernant les Mutants/Hybrides, là je suis plus dubitatif. Autant l’Indominus et l’Indoraptor, qu’on les aime ou non, faisaient partie intégrante du scénario de leurs films respectifs et sans eux, il aurait fallu revoir l’histoire en profondeur, autant le D. rex et les Mutadons font superflus et semblent être là juste pour assouvir une envie ou un délire des personnes travaillant sur le film car si on les enlève de l’histoire et qu’on les remplace respectivement disons par un gros théropode et quelque ptérosaure de taille moyenne, ben l’histoire de JWR ne changerait pas des masses.
Concernant les seconds, j’aime bien leur design mais de l’autre ils auraient plus leur place dans The Witcher ou autre œuvre similaire en tant que pseudo-vouivres que dans un Jurassic Park car dans les faits, leurs actions dans Renaissance auraient pu être accomplies par des théropodes de taille petite à moyenne (si ils ne voulaient pas mettre de raptors pour éviter la redite avec l’original, ils avaient l’embarras du choix avec, entre-autres, Herrerasaurus, un Proceratosauridae ou encore des Troodons venimeux à moitié dégénérés comme ceux du jeu de Telltale et/ou des ptérosaures pouvant chasser à terre relativement aisément (tel que des Azdharchidés de taille moyenne ou mieux encore Thalassodromeus, distinct en terme d’apparence comparé au Quetzalcoatlus)).
Quant au mutant hexapode, son background n’est pas creusé et on s’attarde pas sur les difficultés qu’entraînent ses malformations sur son existence (voir la créature en souffrir et un des persos compatir aurait pu ajouter de la profondeur à la chose), ce qui fait que malgré l’iconisation visuelle que lui fournit Edwards, ben on s’en fout un peu.
V/ Musique
Après plusieurs écoutes, je dirais que la BO de Desplat est certes jolie mais pas mal "décorative/illustrative d'une ambiance", comme beaucoup de bandes originales de notre époque, et on peine à retenir de vrais thèmes distincts, contrairement aux BOs de JW et FK (surtout ce dernier) où Michael Giacchino a assuré de mon point de vue (par contre, il semblait être fatigué dans celle de JWD), surtout que je suis davantage fan de Giacchino que de Desplat d’ordinaire (en dehors des BOs Jurassic, j’écoute fréquemment celles de John Carter, Rogue One, La Planète des Singes pour le premier là où pour Desplat, la seule qui figure parmi mes écoutes récurrentes est celle du Godzilla de 2014).
Et pour revenir au fan-service abordé dans la section précédente lorsque je parlais de la scène des Titanosaures, utiliser le thème de Williams n’est pas suffisant dans mon cas, surtout dans des scènes étranges comme celle du fin montrant nos héros voguer vers l’horizon tandis que des dauphins nagent à côté d’eux (ça marchait dans l’original car les Pélicans sont des oiseaux, donc des dinosaures, et le lien avec le thème de Jurassic Park est évident alors que là, Flipper et ses congénères n’ont aucun rapport avec eux)
VI/ Petit Aparté
Je me fais surement des films et ne prenez pas forcément au premier degré ce que je vais écrire dans cette section mais j’ai l’impression que quelqu’un chez Universal a lu mes fanfics (disponibles ici https://archiveofourown.org/users/The_Geeky_Zoologist ) car j’ai relevé les similitudes suivantes :
— Le film s’ouvre avec un Hélicoptère survolant la jungle sous le regard de Capucins à Face Blanche intrigués par le simili rugissement qu’il faisait, tout comme ma réécriture de JW s’ouvrait sur un Hélicoptère sortant des nuages au-dessus de la jungle sous le regard d’une Harpie féroce elle aussi intriguée par le bruit inquiétant fait par l’appareil.
— L’Evasion du D.rex est due à un crash du système de sécurité du laboratoire après qu’un emballage de Snickers, amené dans le sas de la section dédiée au mutant hexapode par un courant d’air, ait été aspiré dans les portes, les faisant court-circuiter. Dans ma réécriture de JW, l’évasion de l’Indominus est (indirectement) due à la chute d’une feuille là où il ne fallait pas, avec un courant d’air provoqué par une ventilation capricieuse l’ayant fait volé jusqu’à sous les mâchoires de l’Indominus endormie au cours d’une opération médicale. C’est en voulant récupérer cette feuille qu’un des assistants vétérinaire remarque que l’Indominus est réveillée (due à une erreur de dosage de tranquilisant) et une panique s’ensuit où nos personnages fuient la bête alors qu’ils sont plongés dans les lumières rougeâtres des alarmes (j’ai recyclé cette idée de la feuille volante d’un storyboard de TLW où un des marins du Venture réalisait que le T.rex était réveillé après avoir voulu ramasser une feuille de papier ayant atterrit à proximité de l’animal qu’il croyait endormit).
— Martin Krebs mentionne un certain Pasolini en début de film or j’avais un personnage secondaire nommé Pasolini dans mon pitch de réécriture de Dominion. Bon, les deux Pasolini n’ont en commun que leur nom de famille (celui de Koepp est un étatsunien travaillant pour une entreprise de mercenariat, le mien est un colonel de la Gendarmerie Italienne) et ça s’explique surement par le fait que David Koepp et moi avons eu probablement la même source d’inspiration, en l’occurrence le cinéaste italien ayant réalisé la trilogie du Décaméron.
Voilà, j’avais trouvé ça marrant lors du visionnage. C’était pour l’anecdote.
Conclusion
Jurassic World : Renaissance est un cas… particulier. D’un côté, le film est meilleur que la trilogie de Trevorrow sur les plans de la mise en scène, de l’écriture et de la qualité globale des designs des animaux introduits même mais de l’autre, la trilogie JW avait la musique de Giacchino et sa vision au long terme de l’histoire pour elle. Il faut également relativiser la qualité de l’écriture de ce volet car bien qu’elle ne soit pas aussi navrante que celle de la trilogie JW et ses relents marveliens, elle reste très basique, encore une fois très série B et pour un volet titré Renaissance, on s’attendait à davantage qu’une bête quête sur une île tropicale aux allures de redite déguisée de JP3 tandis que certains mandats du cahier des charges (Inclure une famille avec une gamine, ne pas faire un film trop violent pour pas choquer les marmots…) freine le potentiel du film et de la saga en général, obsédée par l’idée de retrouver la magie du film original, comme si ils souhaitent plaire à tout prix aux trentenaires/quarantenaires l’ayant vu gamin (la même génération à laquelle appartiennent Colin Trevorrow, Juan Antonio Bayona et Gareth Edwards) et ne jurant que par lui tout en chiant sur Le Monde Perdu alors que ce dernier avait compris qu’il était vain d’essayer de vouloir copier son prédécesseur et d’au contraire trouver son propre style au sein de la franchise. Car un Jurassic World: Renaissance qui aurait eu la liberté d'exploiter pleinement son potentiel aurait été bien plus proche qualitativement du King Kong de Peter Jackson (film qui rigole doucement car ce n'est pas demain la veille qu'il sera détrôné) que de Kong: Skull Island, ce qui est hélas le cas du film en l'état actuel.
En fait, la franchise a grand besoin d’un Andor et donc d’un simili Tony Gilroy qui posera ses cojones sur la table en donnant un nouveau regard sur l’univers afin de rabattre les cartes tout en évitant les écueils du fan-service et je ne pense pas que David Koepp puisse l’être vu certaines de ses déclarations et l’histoire quelconque qu’il nous a livrés pour Renaissance. Je crains que l’idée d’un « Andor Jurassic » ne soit qu’un vœu pieux (Ironique que j’ai bien plus pris mon pied devant Star Wars que du Jurassic cette année alors que je suis un fan de la trilogie originale Jurassic Park et que je me contrefous de Star Wars d’ordinaire).
Mais plutôt qu’à vouloir étirer trop longuement une franchise pas forcément taillée pour, je pense qu’il est préférable que la saga Jurassic s’éteigne doucement afin de laisser la chance à d’autres sagas à dinosaures d’émerger et d’occuper la niche laissée vacante car ainsi est l’histoire de la vie. Des espèces et des familles émergent, se développent, atteignent leur suprématie, puis déclinent et enfin s’éteignent pour être remplacées par d’autres.
Mon classement des films mis à jour :
1) Objectivement Jurassic Park mais subjectivement Le Monde Perdu
2) Objectivement Le Monde Perdu mais subjectivement Jurassic Park
3) Jurassic Park 3
4) Jurassic World : Renaissance
5) Jurassic World : Fallen Kingdom
6) Jurassic World
7) Jurassic World : Dominion